Band 
Tome VI.
Seite
XXVII
JPEG-Download
 

PREFACE. xxvij

parler de ce qu’ils n’ont pas compris , ôc qu’ils auroient pu com-prendre s’ils l’avoient bien examiné. Je n’ai pas d’autre deílèinque d’aborder ôc d’en venir aux mains, il me suffit de percer lesbataillons H. de fa première ; dira-t-on que des files de dix oude huit de hauteur ne paílèront pas fur la ventre, & ne íè ferontpas faire large à des corps fur quatre de file ? Mais, répondra-t-on, ce qui déborde de ces bataillons íè repliera íur les flancs deceux qui ont percé. Cette objection n’est-elle pas bien redoutable ?Un bataillon coupé en deux ôc tout débiffé íè repliera íur un autrevictorieux, qui fait front de toutes parts, ôc à qui il ne restera plusrien à faire, que d’achever ces misérables restes étonnez de la promtedéfaite du gros. Où íònt les soldats capables d’une telle résolution?Mais du moins, repliquera-t-on, les bataillons K. de la seconde lignevoiant de si grands vuides entre les vôtres, paílèront entre deux. Quoi,ces gens-là feront-ils astèz imprudens & aílèz braves pour s’enchaílèrôc s’engager entre les distances de mes colonnes ou de mes bataillonsE. fur une telle profondeur & plus près-à-près qu’on ne pense par rap-port à l'étendue de leurs bataillons minces? Ils feroient défaits infailli-blement. II y a plus que cela, indépendamment de ce que je viens dedire, quoique très-convaincant, oferoient-ils tenter de passer par cesintervalles, puisque je songe à leur en faire palier l’envie en m’enchaf-fant dans les leurs ? Car je prétens, & je parle peut-être en hommequi fçait son métier, que mes corps L. de ma seconde, en mêmetemsque ceux de ma première E. en viendront aux mains , paílèront à tra-vers les intervalles , ôc courront la ligne ponctuée M. pour tombertout de leur poids fur la seconde K. de mon ennemi. J'ai proposécette ruse en différens endroits de mon Commentaire , elle est nou-velle ôc de ma façon, ôc je crois à n’en point douter, que tout Géné-ral qui la mettra èn pratique fera une oeuvre très-méritoire, ôc ne s’en-nuiera pas dans le combat qui fera bientôt décidé.

On remarque t dit-on , que M. de Folard blâme , en toute occajïon ,les Généraux qui se font laissez déborder par leurs ennemis , fr quec' est à cela qu"il attribue presque toujours la perte des batailles , frla viêîoire a ceux qui ont replié â propos fur les flancs débordez ; ilfait même l'éloge de quelques-uns qui ont sçû profiter de ces avan-tages. Cependant on voìt qu'il tombe Im-mème dans la même fautede gaieté de cœur , fr qu'il déclare même qu'il ne se soucie pas d'ê-ire débordé , ce qu'on regarde comme une efpéce de contradiêlion.

J’aurois fort souhaité, par l'estime que je fais de l’Auteur de cetteLettre, qu’ilse fût dispensé de faire de telles objections que celles-ci,tant elles me paraissent peu fortes. 11 faut pourtant y répondre, puis-qu’elles font le sujet de deux grands articles, où il lui est échappé quel-ques fautes.

d 2

Ce