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Tome VI.
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XXVIII
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PREFACE.

xxviij

Ce n’est pas fans de grandes raisons que je blâme les Généraux quise sont laissez déborder, le nombre des errans fur ce point là eíl telque l’Histoire ancienne Sc moderne en est toute remplie. Des fautes siíouvent Sc si frequemment répétées, méritent fans doute d'être blâ-mées , puifqu’on a fait voir qu’il étoit aisé de les éviter. On ne trou-ve pas toujours des terrains propres à couvrir ses ailes, mais il dépendde nous lorsque nous sommes les plus foibles Sc que nous craignonsd’être débordez de recourir aux moiens de l’art, Sc ces moiens fonten très-grand nombre dans mes Ouvrages. Les plus grands Capitai-nes parmi les Anciens formoient l’ordre oblique, qui est de tous leplus admirable, le plus fçavant Sc le plus rusé, il n’est connu que desplus babiles militaires; mais comme ceux-là ne font pas toujours à latête des armées, il ne faut pas être surpris si ce merveilleux ordre debataille n’a encore été pratiqué que très-imparfaitement. II faut destroupes excellemment disciplinées pour les mouvemens généraux , auf-quels on ne les exerce jamais en campagne, Sc de très-habiles OfficiersMajors: avec cela le faible contre le fort fera peu en peine, Sc il pour-ra dire tout comme moi, je ne me soucie pas d’être débordé. J’ai faitl’éloge de ceux qui ont replié, ou après la déroute d'une aile, ou lorf-qu’ils ont débordé leur ennemi & profité de leur avantage. Ces der-niers ne méritent pas autant de gloire que les premiers. J’en loue quel-ques-uns de ceux-ci, Sc entre autres M. le Marquis d’Avarey à Alman-za, dont l’action est célébré parmi nous , comme parmi nos ennemismêmes. M. Dillon fit une manœuvre à peu près semblable en Italie àla bataille de Castillon > mais peut-on conclure de ces éloges que jetombe dans la même faute de gaieté de cœur dans mes ordres de ba-taille, en disant qu t je ne me soucie pas d’être débordé ? Rien n’estplus vrai que celamais le cas est bien différent * c’est que les ailes deceux qui ne connoiflènt que leur routine font en l’air, très-aifées à êtredoublées Sc fans force j mais les miennes ne montrent pas le flanc ,puifqu’elles font aussi fortes, Sc plus même que mon front. On a donctort de dire que je tombe dans une efpéce de contradiction, Sc c’estlà une méprise de mon Critique, qui ne tire pourtant point à consé-quence contre sa capacité Sc son expérience.

On use d’un petit correctif dans l’article suivant, où les objectionsn’ont guéres plus de force que les autres. „ II est vrai, dit-on, que M.„ de Folard met une grofle colonne fur les flancs, Sc qu’il croie les„ assurer par là -, mais on doute que cette colonne soit suffisante pour„ les couvrir. On dit que les troupes de l’ennemi, qui débordent de„ beaucoup, se recourberont fur les flancs, Sc qu’alors il arrivera dé„ deux choses l’une,- ou bien que la colonne continuera fa marche »„ ou qu’elle s’arrètera pour faire face à ce recourbement. Si elle con-tinue de marcher, on prétend Sc on soutient qu’elle sera enfoncée

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