PREFACE. xx xj
marcher en colonne & aller son chemin malgré les attaques furieuses Scredoublées du grand Roi de Suéde Charles XII. à la tête de sept à huitmille chevaux contre quatre à cinq mille hommes d’infanterie bien fer-rez Sc bien armez de feux Sc de pertuisannes. II fut très-bien chaufféSc très-bien allongé, & se vit enfin obligé de laisser là une infanterie fiincommode. S’il eût eu affaire à tout autre qu’à M. de Schoulem-bourg, qui entendoit son infanterie, il se seroit peu arrêté Sc ennuie,
Sc l’ennemi eût été obligé de se rendre.
Je suis donc en état de marcher avec mes colonnes fans abandonnerles flancs de mon armée, lans craindre d’êtreenfoncé Sc brisé: par quile serois-je, je vous prie ? Par des cavaliers l’épée à la main, contreune masse de soldats hériísee de pertuisannes, d’espontons, dehalebar-des Sc de baionettes au bout du fusil, Sc de quatre rangs, qui nous voienttout à découvert à cause de la hauteur des chevaux, qui donne lieu àune tempête horrible de coups de fusil. Mon Critique me fournira-t-ilquelque fait qui nous fasse juger de la vigueur de la cavalerie contrel’infanterie, même depuis la suppression des piques & l’introduction dela baionette au bout du fusil , me montrera-t-il qu’elle en ait été atta-quée , qu’on ait même osé saborder ? Sans doute qu’il n’en trouveraaucun exemple; & si elle ne l a pas fait, fera-t-elle aíïèz déterminéepour s’abandonner fur une colonne qu’on ne si-ait par où prendre ? Acela on n’a pas le mot à répondre, Sc je le crois bien. Ceci n’est ce-pendant qu’une simple escarmouche, je l’attendrai au débouché dansla réponse aux objections du second Critique. ]e doute qu’il puisse ja-mais se tirer d’affaire. Je demande après ce que je viens de dire, si lerecourbement dont il fait son Milon ou son Achille, obligera mes deuxgrosses colonnes A. B. à rester dans le repos Sc à faire alte pour se dé-fendre, Sc s’il est bien certain qu’elles seront enfoncées? Cela n’estpas concevable.
L’Auteur me permettra de lui dire , qu’il n’a pas raison de tireravantage de ce que j'ai dit si souvent dans mes Ouvrages, que tou-te la force de la colonne gît dans le mouvement & l’aílion. II n’estrien de plus véritable, mais il n’est pas moins vrai que je I’ai dé-montrée aussi redoutable dans le repos, lorsqu’il y a des obstaclesqui se présentent : car pour marcher & percer, rien ne m’en em-pêche ; seront-ce des files de quatre contre une hauteur dont on nevoit point le fonds?
Serois-je dans l’illusion, je vous prie, quand je crois que ma colon-ne ne peut-être entamée ? Non, puisque le Critique ,, auquel je doisrépondre, en convient. Elle ne íçaurok même être inutile, comme ill’avance, puifqu’il me suffit avec quatre bataillons d’occuper toutes lestroupes du recourbement, pour ne pas craindre le moins du monded être entamé Sc ensuite renverse. Une action si vigoureuse n’appar-
. tient