XXX
PREFACE.
défauts-là par la profondeur de leurs files. Si l’on ajoute encore quela force de mes corps est indépendante de celte des autres, on verraque ma ligne est également forte par tout, Sc mes ailes toujours as-surées, bien que débordées.
D’ailleurs ce recourbement ou cette conversion d’une aile fur un au-tre , ou fur toutes les deux, n’est pas une affaire d’un moment contredes troupes Sc des corps, qui itérant pas sujets à flotter comme ceuxque l’on m’oppofe, ont un mouvement si léger & si rapide, qu’on se-ra aux mains Sc l’ennemi ouvert de toutes parts avant que les troupes,qui replient, aient joint Sc doublé mes ailes, où il n’y aura fans douterien à gagner.
Je demande au sçavant Critique, s’il connoit la méthode des arméesAllemandes contre les Turcs dans les actions générales, c’est-à-diredans les plaines rases Sc pelées, où les ailes sontenl’air, c’est-à-dire ap-puíées à rien. Cela empêche-t-il que les AUemans n’attaquent l’enne-mi, qui déborde toujours, Sc souvent aux deux ailes, de plus de lamoitié du front des chrétiennes ? Qu’il consulte M. le Prince Eugène,la gloire de son siécle, il lui fera bien l’honneur de lui répondre, Sc illui répondra comme je fais fans bleíîèr sa modestie, qu’il se met peuen peine d’être débordé. La raison de cela, est qu’il couvre ses flancsSc forme un carré long íur deux phalanges, Sc le recourbement ne l’em-pêche pas de faire la moitié du chemin pour joindre son ennemi. IIne s’appuie pas à des colonnes , Sc cependant il résiste 8c marche, ila aíïèz de ce qu’il a contre des Turcs, 8c moi je fortifie mes ailes con-tre des Chrétiens mieux disciplinez Sc plus entendus.
Je veux que le recourbement, qu’on me fait si terrible, 8c qui n’estrien moins que cela contre mon Système, m’attaque, il ne viendra ja-mais à bout de m’arrêter dans ma marche. II ne faut pas dire qu’il ar-rivera de deux choses dune ; ou bien que la colonne continuera famarche , ou qu'elle s'arrêtera pour faire f ace au recourbement. Je ré-pons à cette objection, qu’il n’arrivera qu’une feule de ces deux choses,c’est qu’elle continuera son chemin avec un mépris digne d’elle : carcette aile ennemie qui déborde ne peut être compoíee que de cavalerie,on n’a pas accoutumé de mettre la cavalerie autre part; au lieu que maméthode est bien différente, connoissant parfaitement la force de cesdeux fortes d’armes. Que fera cette cavalerie contre deux si puistàntescolonnes? Les abordera-t-elle l’épée à la main , s’abandonnera-t-elledessus ? Et quand elle seroit aflèz déterminée pour cela, ce qu’il fautbien se garder de croire, si ce n’est la Maison d’un Roi de France,elle rejailliroit sur elles comme contre un roc, fans pouvoir même Rap-procher à la longueur de mes pertuisannes. On se souviendra de la co-lonne, bien qu’imparfaite, du sçavant St célébré Général Schoulem-bourg dans les plaines de Pologne. J'ai rapporté l’exempîe. II sçue
mar-