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Tome VI.
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XXXIV
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XXXIV

PREFACE.

disposition, rìaura-t-ìl pas le foin de s'y préparer, & d'apporter desobstacles à cette impétuosité ? Quel carnage ! quelle déconfiture ne fe-ra-t-il pas , s'il met seulement une rangée de chevaux défrisé bienenchaînez les uns aux autres devant son front ? Ses canons chargezà cartouches , le feu continuel de ses pelotons , & une grêle de grena*^des fy d'autres feux d’artifices, ne mettront-ils pas le désordre & la^"'confusion parmi les attaquans , avant qu'ils puissent percer? Et puisne Jera-t-on pas encore à deux de jeu aux armes blanches, où natu-rellement le parti qui aura le moins souffert devra rester viélorìeux ?On croit qu'on peut faire un meilleur usage des colonnes, & qu'il fe-rait mieux de les faire naître ou former dans l'occasion suivant lescirconstances , ér quand on est à portée de les f aire agir. Cela fepeut aisément pratiquer avec la tactique de nos pelotons, en char-geant continuellement , on peut en avançant les former en même temsen colonne pour enfoncer & rompre ceux qui font face.

Si cet article de mon Critique ne me fournistòit un sujet de troplongue digression pour un discours comme celui-ci, je l’épuiferois fansdoute, Sc je répéterais les mêmes objections que je me ssiis faites pourprévenir les chicanes de mes Adversaires dans tout mon Ouvrage, &particulièrement dans mes Nouvelles Découvertes Sc dans mon Traitéde la Colonne : car j'ai lieu de me plaindre qu’on n’y ait pas pris gar-de , & qu’on s’opiniâtre à revenir fur un terrain déja-perdu, & dont jefuis le maître : on ferait mieux de convenir que la piéce est de tropgrande résistance, & que l’on perd à l’attaquer sa poudre Sc son plomb.Car de combattre contre l’évidence & les faits, c’est une entreprisetrop hardie, & l’on a très-grande raison d’y trouver à redire. Je n’aigarde de ne pas demeurer d’accord avec mon Critique, que les colon-nes peuvent être d'un grand usage dans Vattaque , il me permettrad’ajouter la défense aussi, & qu'elle s conviennent parfaitement bienau tempéramment fougueux des François, Sc que je ne pouvois rienimaginer de plus conforme à leur génie. On peut bien être assuré queje ne chicanerai pas là-dessus. Quel que puiíse être l’Auteur de laLettre, François ou Hollandois, il paraît qu’il connoît parfaitementla nation Françoise & son humeur vive Sc impétueuse, Sc son ardeuraprès les combats; elle n’a pas dégénéré à cet égard là, il n’y a qu’àla mener selon cette humeur. Je remarque assez que le Critique con-noît combien mon Système est avantageux pour nous, car il est certainqu’on ne fçaurait me résister qu’en embrassant le même Système, sansqu’il soit possible, en suivant un ordre semblable, de rencontrer cequi est le plus favorable aux François. On n'en viendra jamais à bout,on ne change & on ne corrige pas le flegme & la pesenteur d’une na-tion cn esprit & en feu. On ne me chicanera pas là-deflus peut-être,mais on ne trouvera pas que je convienne jamais qu’il y ait de l’incon-

vé-