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Tome VI.
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XXXVIII
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xxxviij P R E’ F A C E,

qu’il m’a été possible d’y mettre, qui perce tout ce qui s’oppose à sonpassage. C’est un torrent contre lequel il n’y a point de digue qu’iln’ouvre & qu’il ne renverse, &c cependant notre Auteur en propose uncontre sa violence. II s’imagine un très-grand carnage que l’ennemifera, s’il met feulement une rangée de chevaux défrisé bien enchaî-nez le s uns aux autres devant son fr ont , ses canons chargez à car-touche, le feu continuel de ses pelotons & une grêle de grenades avecd'autres feux d'artifices. On fait beaucoup d’honneur à mes colonnes& à son auteur de les recevoir avec tant de cérémonies. Voilà doncles chevaux de frise ressuscitez en faveur de mon Système : ne vaudroit-ilpas mieux céder que de se distiller l’eíprit à chercher des moiens pourlui résister? Mais d’où vient qu’on ne se sert plus de chevaux de frisecomme auparavant ? C’est qu’on s’est apperçu que les bataillons mincesdes François en faisoient si peu de cas, que ces obstacles ne les arrêtoientpas un petit moment. C’est ce que j’ai vu. Je laisse à penser si mescolonnes se feront une affaire de respecter une barrière si peu redouta-ble ? II ne faut que cela pour arrêter tout d’un coup ces machines &leurs chaînes, qu’il pose pour les grenades & les feux d’artifices, celaest nouveau, fans qu’on en fasse plus grande estime que de ses chevauxhérissez de pointes : car pour les canons chargez à cartouche, il s’entrouve des deux cotez dans les batailles ; mais ils n’ont plus lieu lors-qu’on est aux prises, & les feux des pelotons ne font pas moins imagi-naires. Comment charger & tirer, lorfqu’on est arrivé à des chevauxde frise qu’il faut défendre? Cela est-il bien possible? Quant aux armesblanches, qu’il m’oppose aussi, mon Critique auroit pû se dispenserd’en faire mention, puisqu’il ne peut m’opposer que des baionettes,rejettant mes armes de longueur pour de plus grands feux -, au lieu queje rens inutiles les siennes par mes pertuisannes, dont l’allongement vabien au delà: car pour son feu, on ne pourroit le proposer qu’à desgens qui n’ont jamais vû de combats ni de batailles.

Ce qu’il dit os on peut faire un meilleur usage des colonnes , ne setrouve point. On n’eût point mal fait de nous le donner, peut-êtreque l’inventeur m’auroit satisfait fans le recevoir, ne souhaitant d’autrefeu que celui que j’ai proposé contre un autre qui n’est que de passage.J’ai assez expliqué ma méthode sans rien laisser à glaner là dessus, lespelotons, qu’il y voudroit introduire, feroient bons si je voulois tou-jours paroître en colonnes ; mais je ne les veux former que dans les casoù elles peuvent être d’usage, & lorsquo l’on peut se joindre. Cequ’il y a de singulier dans cette Critique, c’est que l’Auteur se trouveobligé de reconnoître la vérité & l’excellence de mon Système , & nele combat que dans le seul cas où je fuis débordé, & qui plus est lesobjections se trouvent ruinées par avance dans mon Commentaire &dans mes Nouvelles Tìécouvertes fur la Guerre : car outre les raisons

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