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Tome VI.
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LIVRE VI. CHAP. IV. 15

le diamètre d’un de leurs cotez : les plus menus ressemblent assez auxtraits que les Hastaires font encore obligez de porter. La hampe detous ces piles tant gros que menus, est longue à peu près de trois cou-dées j le fer en forme de hameçon qui y est attache, est de la mémolongueur que la hampe. 11 avance jufqu’au milieu du bois & y esc sibien cloué, qu’il ne peut fe lâcher fans fe rompre, quoiqu au bas & àfendrait où il est joint avec le bois, il ait un doigt 6c demi d epaiíîèur.Sur la tète ils portent un panache rouge ou noir de trois plumes droi-tes , 8c hautes d’une coudée, ce qui joint a leurs autres armes- les faitparaître une fois plus hauts 8c leur donne un air grand 8c formidable.Les moindres soldats portent outre cela fur la poitrine une lame d ai-rain, laquelle a douze doigts de tous les Cotez, & qu’ils appellent legarde-cœur. Mais ceux qui font riches de plus de dix mille dragmes,au lieu de ce plastron , portent une cotte de mailles. Les Princes 8cles Triaires font armez de la même maniéré, excepté qu’au lieu de pi-les ils ont des demi-piques.

Entre ces trois dernières fortes de soldats on en choisit dix des plusprudens & des plus braves pour en faire des Capitaines : les plus jeu-nes n’ont point de part à ce choix. Après ces dix on en choisit enco-re dix autres, & ces vingt font appeliez Capitaines d/ordonnance. Lepremier élu a droit d’entrer dans le Conseil de guerre. 11 y a enco-re vingt autres Chefs pour conduire la queue, 8c ce font les vingt pre-miers qui les choisissent. Chaque corps , à l’exception des V élites ,est partagé en dix troupes, 8c chaque troupe a quatre Officiers, deuxà la tête 6c deux à la queue. Les Vélites font répandus en nombreégal dans les trois autres ordres. On appelle ces troupes compagnie»bande ou enseigne ; 6c les Chefs Centurions ou Capitaines. Dans cha^que compagnie il y a deux enseignes, 6c ce sont les deux plus bravesau choix des Officiers. La raison pour laquelle on met deux Capital- 'nés dans chaque compagnie, c’est qu’on ne fçait ce que fera un Capi-taine, ni ce qui pourra lui arriver; & comme en matière de guerre lesexcuses n’ónt pas lieu , on ne veut pas qu’une compagnie puiííè direqu’elle n’avoit point de Chef. De ces deux Capitaines, îe premierélu, quand ils fe trouvent tous deux, marche à la droite de la com-pagnie , 6c le dernier à la gauche -, lorsque l’un des deux est absent, ce-lui qui reste la conduit toute. Dans le choix de ces Chefs on ne cher-che pas tant qu’ils soient audacieux 6c entreprenans, que sages, con-stans 8c de bon conseil. On ne demande pas non plus, qu’ils soientpromts à en venir aux mains 8c à commencer le combat ; mais qu’ilsrésistent constamment lorfqu’on les preste, 6c qu’ils meurent plutôt qued’abandonner leur poste.

La cavalerie fe divise de la même maniéré en dix compagnies , dechacune defquelles on tire trois Capitaines qui choisissent trois au-tres