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Tome VI.
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16 HISTOIRE DE POLYBE,

tres Officiers pour être à la queue. Le premier Capitaine comman-de la compagnie, les deux autres tiennent lieu de Décurions , 8c tousfont appeliez de ce nom. En l’abfence du premier, le second prendle commandement.

Les armes de la cavalerie font à présent les mêmes que celles deSGrecs, mais anciennement ils n’avoient point de cuirassés, ils combat-toient avec une simple bande qui couvroit leur nudité. Cela leurdonnoit beaucoup de facilité pour décendre 8c remonter promtementà cheval , mais nuds comme ils étoient ils couroient de grands ris-ques dans la mêlée. D’ailleurs leurs lances leur étoient fort inutilespour deux raisons, la première parce q u'étant minces 8c branlantes, el-les ne pouvoient être lancées juste, 8c qu’avant de frapper l’ennemi, laplupart íe brifoient par la seule agitation des chevaux. La seconderaison, c’est que ees lances n’étant point ferrées par le bout d’en bas,quand elles s’étoient rompues par le premier coup, le reste ne pouvoitplus leur servir de rien. Leur bouclier étoit fait de cuir de bœuf, 8cassez semblable à ces gateaux ovales dont on se sert dans les sacrifices.Cette sorte de bouclier n’étoit d’aucune défense, 8c si jamais il n’étoitassez ferme pour résister, il l’étoit encore beaucoup moins, lorsque lespluies l'avoient amolli 8c gâté. C’est pourquoi leur armure leur aiantbientôt déplu, ils la changèrent contre celle des Grecs. En effet leslances de ceux-ci étant roides 8c fermes portent le premier coup juste8c violent, 8c servent également par le bout ferré d’en bas. De mê-me leurs boucliers sont toujours durs 8c fermes, soit pour se défen-dre ou pour attaquer. Ainsi les Romains préférèrent bientôt ces armesaux leurs, car c’est de tous les peuples celui qui abandonne le plus fa-cilement ses coutumes pour en prendre de meilleures.

Après que les Tribuns militaires ont partagé les troupes 8c donnépour les armes les ordres nécessaires, ils congédient l’asièmblée. Lejour venu où les troupes ont juré de s’astembler dans le lieu marqué parles Consuls, rien ne peut les en dispenser, rien ne les relève de leurserment que les auspices 8c les difficultez absolument insurmontables.Chaque Consul marque séparément un rendez-vous aux troupes quilui sont destinées, 8c c’est ordinairement la moitié des alliez 8c deuxlégions Romaines. Quand tous ces soldats alliez 8c Romains sont as-semblez, douze Officiers choisis par les Consuls 8c qu’on appelle Pré-fets , sont chargez d’en régler la distribution 8c d’en former l’armée.D’abord entre les alliez on fait choix des mieux faits 8c des plus bra-ves pour la cavalerie 8c l’infanterie qui doivent être auprès des Con-suls. Ceux-là s’appellent les extraordinaires. Pour cela on tire desalliez autant d’infanterie qu’il y en a dans les légions Romaines , maisdeux fois autant de cavalerie, 8c on prend le tiers de celle-ci pour lesextraordinaires, 8c la cinquième partie de rinfanterie. Les Préfets par-tagent