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Tome VI.
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LIVRE VI. CHAP. IX.

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suivi d’un autre , c’est qu’après avoir été vaincus d’abord , ils recou-vrent bientôt de nouvelles forces , au lieu que les Carthaginois ontbeaucoup plus de peine à se relever. Ajoutons que les Romains,combattant pour leur patrie Sc pour leurs enfans, ne se relâchent ja-mais de leur première ardeur , Sc demeurent fermes dans la résolutionde combattre, iusqu’à ce que leurs ennemis soient abattus. Quoiqu Usn’aient pas été à beaucoup près si forts Sc si habiles fur mer, cela ne esempêchoit pas de sortir avec succès d’une bataille generale. La valeurdes troupes suppléoit à tout ce qui leur manquoit d’ailleurs. Car quoi-que la science Sc l’usage de la marine soient d’une grande utilité dans uncombat naval, rien cependant ne méne plus serrement a la victoire quele courage & la bravoure des soldats. Or les peuples d Italie font plusvigoureux & plus braves que les Carthaginois Sc les Afriquains -, outrequ’ils ont parmi eux certains usages qui inspirent à leur jeunesse uneextrême ardeur de se signaler dans la guerre. Nous n’en rapporteronsqu’un pour faire voir que dans ce Gouvernement, on a eu un loin par-ticulier de porter les hommes à braver tous les périls pour íe ìendrere-commandables dans leur patrie.

Quand il meurt à Rome quelque personnage de considération , onle porte avec pompe à la tribune aux harangues sur le marche, ou dres-sé sur ses pieds, rarement couché, il est exposé a la vue de tout lemonde. Ensuite son fils, s’il en a laissé un d’un certain âge & qui toita Rome, ou en l’absence du fils, un proche parent loue en pre encedetout le peuple les vertus du mort Sc rapporte ses principales actions.Et cet éloge rappellant à la mémoire & remettant comme sous les yeuxtout ce qu’il a fait, excite non seulement dans ceux qui ont eu paît ases actions, mais encore dans les étrangers, un sentiment de douleur &de compassion si vif, que le deuil paroit plutôt etre public que parti-ticulier a certaine famille. On l’ensevelit ensuite Sc on lui rend les der-niers devoirs , on fait une statue qui représente son visage au natureltant pour les traits que pour les couleurs , & on la place dans Pendroitle plus apparent de la maison & sous une efpéce de petit temple de bois.Les jours de fêtes on découvre ces statues, on les orne avec soin; quandquelque autre de la même famille meurt, on les porte aux funérailles,6c pour les rendre semblables, même par la taille, à ceux qu’elles re-présentent , on ajoute au buste le reste du corps. On les revêt auffid’habits. Si le mort a été Consul ou Préteur, on pare la statue d’uneprétexte; s’il a été Censeur, d’une robe de pourpre; s’il a eu l’honneurdu triomphe ou fait quelque autre chose d’éclat, d’une étoffe d’or. Onles porte fur des chars , précédez des faisceaux, des haches Sc des au-tres marques des dignitez dont ils ont été revêtus pendant leur vie.Quand on est arrivé à la tribune aux harangues, tous se placent fur dessièges d’yvoire , ce qui forme le spectacle du monde le plus agréable

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