LIVRE VII. CHAP. III. 4 l
tenant les deux cornes que vous aurez le bœuf en votre puifíance. IIentendoit par les deux cornes Ithome & l’Acrocorinthe ,, & par lebœuf, le Péloponèse. Et vous, Arate, dit Philippe en se tournantvers lui, me conseillez-vous la même chose. Celui-ci ap e a p -se un moment, répondit qu’il n’avoit qu a la pren^ r ’ - ^ a
voir fans violer la foi qu’il avoit donnée aux IV e eni . /• rs
en la prenant il devoir perdre toutes les citadelles & le secoursmême qu’il avoit reçu d’Antigonus, & par 1le moie Jservoit tous ses alliez, (il lui infmuoit par-la de quelle impoitance ilétoit de^arderVa parole ^ ) il prît garde qu’il ne ^plus avantageuxde laisser aux Messéniens, en éloignant ses tlou P » P ■bonne foi, qu i lui attacherait non seulement cette: ville, mais. encore cous ses Outres alliez. St Ph.lippe avrnt siuvt à -nchnari^, iln’auroit pas craint d’aller contre la foi des Traitez! nt ,(
ger par ce qu’il fit ensuite. M» comme fi eu de te-auparavant^l
SpofaTo?" Ure pue résister à la liberté, à l’autorité, aux ins-tances avec lesquelles ce vieillard le pnolt de faire attention a son avis.II abandonna son premier dessein, & prenant la mam d Aratus, hebieX*X reprenons donc le chemin par ou nous sommes venus.
CHAPITRE IV.
Antìochus prend la ville de Sardes par l'ìnduflrie de Lago-
ras de Crète.
A Utour de Sardes, nuit & jour & fans relâche íl se faifoit desescarmouches , il se donnoit des combats perpétuels. 11 n’yavoit sorte d’embûches qu’on ne dressât de part Std’autre pour surpren-dre son ennemi & pour fondre dessus. Décrire tout le détail de cetteaffaire, cela scroit non seulement inutile, mais encore ennuieux. II yavoit déja deux ans que ce siège duroit, lorsque Lagoras de Crète,homme entendu dans la guerre, y mit fin de cette manière. II avoitfait réflexion que les places les plus fortes font souvent, celles que l’onprend avec plus de facilité, par la négligence des habitans, qui se re-posant de leur sûreté sur les fortifications naturelles ou artificielles deleur ville, ne sc mettent pas en peine de la garder. II fçavoit encoreque les places se prennent quelquefois par les endroits les plus forts, &que l’on croît que les ennemis n’entreprendront pas d’attaquer. Surcela, quoiqu’il vît bien que Sardes avoit toujours passé pour une forte-resse à désespérer quiconque auroit tenté de la prendre d’assaut, & dontTome. VI. F la