LIVRE VII. CHAP. IV. 45
en aflemble & range d’autres en bataille dans l'Hippodrome, nosgens travailloient fans que l’on eût le moindre soupçon de leur entre-prise. Mais quand on eut appliqué deux échelles, par lesquelles De-nis 8c Lagoras commençoient à monter, il se fit grande rumeur, gran-de émotion dans le camp. Car quoiqu’on ne vît 1 escalade ni de laville ni de la citadelle, à cause de la pointe qui sortoit du rocher,onvoioit à plein du camp cette action hardie 8c extraordinaire -, les unsen étoient étonnez comme d’un prodige, les autres qui en prévoioientles suites, en attendoient avec une joie mêlée de crainte l’événement&le succès. Le Roi fut informé de ce bruit, & pour détourner de cetteaffaire tant les assiégez que ses propres troupes, il fit marcher Farinéevers une porte opposée à celle qui devoir être attaquée, Sc qui s’appel-loit la porte de Perse. Achée qui commandoit dans la citadelle vitcette marche, 8c surpris d’un mouvement si peu ordinaire aux ennemis,il ne sçavoit ni en deviner la raison, ni enfin quel parti prendre. IIenvoia cependant quelques troupes à cette porte pour arieter les enne-mis ; mais comme la décente étoit étroite 8c escarpee, le secours vinttrop tard. Aribase qui commandoit dans la ville, 8c qui ne sçavoitrien de l’affaire, marcha aussi de son côté vers la porte que menaçoitAntiochus, & faisant monter une partie de sa garnison sur la muraille,faisant sortir l’autre de la ville par cette porte, il les exhorta daireterles ennemis 8c d’en venir aux mains avec eux. Pendant tous ces mou-vemens, Lagoras, Théodote, Denis Sc leur troupe aiant escaladé lerocher, viennent à la porte qui en étoit proche, forçant tous ceuxqu’ils rencontrent, 8c brisent la porte. Aussitôt les trente autres sor-tent de leur embuscade 8c viennent la briser avec eux. La porte abat-tue , les deux mille entrent dans la ville 8c saisissent le haut du théâtre.Les assiégez accourent de la muraille 8c de la porte de Perse pour aver-tir leurs compagnons de combattre. La porte s’ouvre pour leur retrai-te, quelques troupes du Roi les suivent 8c paílènt avec eux. Pen-dant qu’ils s’en rendent maîtres, d’autres les brisent, d’autres se jettentdans la ville. Aribase 6c les assiégez s’opposent à leur paíïàge, maisaprès peu de résistance ils se retirèrent dans la citadelle. Après quoiThéodote & Lagoras se tinrent toujours au théâtre, observant habile-ment tout ce qui se pasloit, pendant que le reste de l’armée se répan-doit de tous cotez dans la ville & la réduisoit au Roi. Enfin les unségorgeant ceux qui leur venoient à la rencontre , les autres mettantle feu aux maisons, d’autres encore ne songeant qu’à piller 8c à fairelin grand butin , toute la ville fut saccagée 8c ruinée. C’est ainsiqu’Antiochus devint maître de Sardes.
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