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Tome VI.
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LIVRE VIII. CHAP. I.

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après s’étant laiste persuader, il revint Sc íè remit entre les mains de (on.rival. II en fut puni par la perte de fa dignité Sc de la vie, fansqu au-cune raison puiflè justifier fa crédulité dans les siécles futurs. Car leschoses étant au même état qu’elles étoient quand il fe retira, & 1 am-bition de Cléoméne n’aiant fait que s’accroîtrc, pouvoit-il probable-ment éviter de périr en íe fiant à des gens , à la fureur deíque s il n e-toit échappé que par une efpéce de miracle?

Pélopidas de Thébes connoissant la fcélérateíïe du Tyran Alexandie,

Sc persuadé de cette maxime, que tout Tyran regarde comme les plusgrands ennemis ceux qui prennent la défense de la liberté puolique, en-gagea Epaminondas à prendre les armes pour défendre non feulementla République de Thébes , mais encore toutes les autres de la Crecc.Malgré cela , & quoiqu’il fût en Thessalie pour abattre & détruire laMonarchie d’Alexandre , aiant eu la foibleste d’accepter deux fois lafonction d’Ambassadeur auprès de ce Tyran, il tombe en fa pui ance, ”par-là fit grand tort aux affaires des Thébains. Car pour s etre e e-mérairement aux gens dont il devoir le plus fe defier, il rut eau e quece peuple perdit toute la gloire que íès belles actions lui avoient acqui-se Le Consul Cneus Cornélius fit la même faute pendant la guerrede Sicile. On pourroit citer quantité d’exemples semblables, qui fontvoir combien font blâmables ceux qui fans discernement s abandonnenta la bonne foi de leurs ennemis.

On ne doit pas en user de même à l’égard de ceux qui prennent tou-tes les furetez qu'il est raisonnablement permis de prendre. Car nes’en fier absolument à personne, c’est ne vouloir jamais finir les aftai-tes ; on n’est donc pas coupable lorfqu’on ajoute foi après avoir pusles précautions nécessaires. Or les meilleures assistances contre la mau-vaise foi, sont les fermens , les enfans, les femmes prifes en otage ymais fur tout la vie passée de ceux avec qui l’on traite. Quand maigretout cela on tombe dans quelque piège , ce n’est plus ceux qui fonttrompez, mais ceux qui trompent, que l’on doit blâmer. Les assuran-ces qu’il faut prendre, font donc celles-là fur tout contre lesquelles ce-lui avec qui l’on a traité ne peut aller. Mais comme il est rare d’entrouver de cette nature, la dernière restburce est d’en chercher de tel-les; que si nous sommes surpris, au moins on ne pourra pas nous enimputer la faute. Nous avons quantité d’exemples de cette sage con-duite dans l’antiquité. Mais il y en a un illustre dans les teins dontnous faisons l’histoire, c’est celui d’Aehée, qui aiant pris, pour fe met-tre parfaitement à l’abri de la perfidie, toutes les furetez qu’il est pos-sible à l’hom me de prendre, ne laissa pas que de tomber en la puissan-ce des ennemis: mais loin qu’on lui en fìt un crime, on eut compassionde son malheur ; au lieu qu’on n’a eu que de la haine & de l’horreurpour ceux qui l’avoìent trompé.

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C H A