54 HISTOIRE DE POLYBE,
vice,ils lui déclareraient toute Maire, Sc lui promettraient que pour-vu qu’il voulût les aider » ils lui livreraient Achée.
Cambyle prit fur lui ce qu’il y avoit. à faire auprès d’Antiochus, ScBolis donna parole que dans quelques jours il envolerait Arien à Achëeavec des lettres de Nicomaque êc de Mélancome: mais il laiíTa à l’au-tre le foin de faire en forte qu’Arien pût entrer dans la citadelle Scen sortir en toute sûreté. 11s éroient encore convenus que fi Achéedonnoit dans le paneau Sc répondoit à Nicomaque Sc à Melancome,Bolis fe chargerait de Inexécution Sc viendrait le joindre à Cambyle.Les emplois ainsi partagez, ils fe séparèrent, Sc chacun fit de son côtéfa fonction.
Cambyle à la première occasion s’ouvrit au Roi fur le projet. Unenouvelle si extraordinaire produisit dans Antiochus des mouvemens dif-férons. Tantôt ne fe poífëdantpas de joie, il promettoit tout. Tantôtn’ofant y ajouter foi, il fe faifoit répéter Sc le projet Sc les moiens deI’exécuter. Puis revenant à croire Sc se persuadant que c’étoit une pro-tection visible des Dieux, il prioit Sc pressent avec instance Cambyled’achever ce qu’il avoit commencé.
Bolis agiíloit avec le même empressement auprès de Nicomaque Scde Melancome, qui ne doutant pas qu’il n’y allat de bonne foi, donnè-rent à Arien fans hésiter des lettres écrites en certaines notes dont ilsétoient convenus de se servir, & 1 envolèrent a Achee. Ces lettresl’exhortoient de s’en fier entièrement à Bolis Sc à Cambyle, mais ellesétoient écrites de maniéré, que quand elles eussent été interceptées, onn’auroit pu déchiffrer rien de ce qu’elles contenoient.
Arien aiant été introduit par Cambyle dans la citadelle, remit leslettres à Achée ; & comme dès le commencement il avoit eu part à toutce qui se faifoit, il rendoit exactement raison de tout. Interrogé furdéfferentes choses qui regardoient ou Sosibe,ou Bolis, ou Nicomaque,ou Melancome, ou Cambyle, il répondoit juste à toutes les questions.Et il répondoit avec autant de constance Sc de fermeté, que s’il se fûtagi de lui-même, parce que la conjuration que trâmoient entre euxCambvle Sc Bolis lui éroit inconnue. Ces réponses d’Arien jointes auxlettres de Nicomaque Sc de Melancome, ne permirent pas à Achée derévoquer en doute ce qu’assûroit Arien. II le renvoia avec des lettrespour ceux qui lui avoient écrit.
Après plusieurs volages semblables, enfin Achée ne trouva rien demeilleur à faire que de s’en fier entièrement à Nicomaque, d’autant plusqu’il ne lui restoit aucune autre espérance de sortir du péril où il étoit.II manda qu’il étoit prêt de fe mettre entre les mains de Bolis & d’A-rien , Sc qu’on n’avoit qu’à les envoler. Son dessein étoit d’abord dese tirer du danger qui le menaçoit, Sc ensuite de prendre la route dela Syrie. Car il se perfuadoit que paraissent tout d’un coup chez les