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Tome VI.
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LIVRE VIII. CHAP. VI.

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qu’il se chargeoit de l’affaire, qu’il avoit demeure du tems dans Sardes,qu’il connoiílòit le terrain, Sc que Cambyle qui y commandoit les Gan-diots au service d’Antiochus étoit non seulement son concitoien, maïsencore son parent 6c son ami. Or Cambyle avoit alors en garde undes forts qui font derrière la citadelle ; 'car comme on n y peut raireaucuns travaux, il n’avoit pour défense que la troupe de Cambyle, So-sibe fut ravi de cette particularité, Sc demeura persuade quil netoitpas possible absolument de tirer Achée du péril où il étoit, ou que licela étoit possible, nul autre que Bolis n’étoit plus capable de le faire..Cette chaleur avec laquelle Bolis entreprenois la chose, nt eíperer unpromt succès. Sosibe de son côté lui promettoit que 1 argent ne luimanquerait pas pour l’exécution, Sc lui en promettoit beaucoup plusquand l’affaire seroit terminée, sans compter les récompenses qu’il de-voit attendre de la reconnoissance du Roi Sc d’Achée, récompenses qu ilexagéra tant qu’il put pour enfler le courage Sc les espérances deB°h, . r .

Celui-ci prit la choie íi fort à cœur, que setant muni de bonneslettres de créance, il se mit sans délai fur mer. II alla d’abord à Rho-des trouver Nicomaque, qui avoit pour Achée une tendresse de père,& qui avoit autant de confiance en lui que s’il eut ete son piopre fils.De Rhodes il fut à Ephéfe, où il s’aboucha avec Melancome. Carc’étoit de ces deux hommes qu’Achée se servoit dans les affaires, tantcelles qui regardoient Ptolémée que les autres. Après avoir lait part aces deux personnes de ce dont il s’agissoit, Sc les aiant trouve prêts a.entrer de leur part dans l’entreprise j il envoía un de ses gens, nommeArien, à Cambyle, avec ordre de lui dire que Bolis étoit venu d A-lexandrie pour lever quelques troupes étrangères; mais qu il avoit aconférer avec lui fur quelques affaires importantes, qu’il lui marquatletems 5e le lieu où ils pourraient se parler fans témoins. Cambyle n eutpas entendu ces instructions qu’íl se vendit a tout ce que l on deman-doit de lui, & renvoia le meíïàger, qui dit à son maître le jour 6c lelieu où ils dévoient tous deux se rendre pendant la nuit.

Bolis en homme fourbe Sc artificieux, selon le génie de fa nation,,avoit roulé toute l’affaire dans fa tête , Sc l’avoit considérée par tousses cotez. Arrivé au rendez-vous, il donne une lettre a Cambyle , 6cfur cette lettre ils tiennent un conseil vraiment digne de deux Candiots.On n’y délibéra point fur les mesures qu’il falloir prendre pour tirerAchee de péril, on n’v parla point de la foi qui se devoir gaider auxintéressez, on ne songea qu'à sa fureté propre Sc à ce qui pourrait ap-porter plus de profit? XI ne fallut pas beaucoup de tems à ces deuxperfides pour convenir , nremiérement que les dix talens reçus de Sosi-be léroient partagez en commun, 5c en second lieu qu’après avoir re-S u d’Antiochus de l’argent & des espérances dignes d’un si grand ser-

& G 3 vice.