LIVRE VIII. CHAP. VII.
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miérement l’amitié de Caius Livius qui commandait dans la ville, &ensuite celle des gardes de la porte appellée Témenide. Philéméne s e-tant aquis cette créance, faifoit entrer fans ceíïe du gibier dans la ville,íbit celui qu’il avoir pris lui-même à la chaílè , soit celui qui lui avoirété disposé par Annibal. II en donnoit une partie au Gomniandant. 11faifoit part de l’autre aux gardes de la porte, afin qu’ils fuííent toujoursprêts à lui ouvrir le guichet : car il en entroit & sortoit la plupart dutems pendant la nuit, en apparence par la crainte des ennemis , maisen effet parce que le projet le demandoit ainsi.
Philéméne aiant ainsi accoutumé les gardes à lui ouvrir le guichet fansdélai, toutes les fois qu’approchant de la muraille pendant la nuit il don-neroit un coup de sifflet pour les avertir, les autres conjurez, qui a-voient appris que Livius commandant pour les Romains dans la ville »devoir se trouver certain jour en grande compagnie dans le Musée joig-nant le marché , prirent ce jour avec Annibal pour l’execution de leurdessein. Avant ce tems-là ce Général avoir deja feint une incommodi-té j afin que les Romains ne fuíïènt pas surpris de le voir relier si long-tems dans le même endroit: mais alors il s’étoit fait beaucoup plus ma-lade , & se tenoit éloigné de latente de trois jours de marche.
Le tems de l’exécution étant venu , il choisit tant cavaliers que fan-tassins dix mille hommes des plus agiles Sc des plus braves, Sc leur or-donna de prendre des vivres pour quatre jours, Sc au point du jour ilse mit en marche, donnant ordre à quatre-vingt cavaliers Numides demarcher devant l'armée environ trente stades , Sc de s’écarter à droiteSc à gauche du chemin, de peur que l’armée ne fût apperçúe, & afinde prendre ceux qui fe rencontreroient fur la route, ou de crainte queceux qui échapperoient ne portassent à la ville la nouvelle que la cava-lerie Numide faifoit des coursés. Quand cette cavalerie eut avance en-viron six vingt stades, Annibal fit repaître fur le bord d’une riviere,ou l’on ne pouvoit le découvrir, Sc là aiant assemble les chefs, fans leurdire ouvertement de quoi iì s’agiíïoit, il se contenta, pour les porter àse signaler dans cette occasion , de les assurer que jamais leur valeurn’auroit été mieux récompensée. II leur recommanda ensuite de fairegarder exactement à chacun son rang dans la marche, de punir sévère-ment ceux qui le quitteroient, de faire attention aux ordres qui leur fe-
roient donnez, Lt de ne rien faire du tout que ce qui leur seroit com-mandé.
Ensuite aiant renvoié ces Officiers chacun à son poste, le soir venu,il fait avancer son avanmarde, dans le dessein d’être au pied des mursvers le minuit. Philéméne íervoic de guide, portant avec lui un san-glier pour se faire ouvrir la porte. Livius, comme les conjurez l’avoientprévû, étoit ce jour-là avec ses amis dans le Musée, Sc il éíoit au fortdu repas lorsqu’au soir on vint l’avertir que les Numides fourrageoient
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