ï i<> HISTOIRE DE POLYBE,
d’autres exploits, 8c ont pasle le reste de leurs jours dans la honte &dans l’ignominie. II est aisé de se convaincre qu’il y a un grand nom*bre de Généraux qui sont tombez dans cette faute, Sc que c'est au soj stde l’éviter que l'on reconnoît surtout combien un homme est diffé-rent d’un autre. Le temps passé nous en fournit une infinité d’exem*pies.
Asdrubal a tenu tout une autre conduite. Tant qu’il a pû sur &bonnes raisons espérer faire quelque chose qui fut digne de ses pre-miers exploits, il n’a songé à rien plus dans les combats qu’à se con-server îuí-même. Mais depuis que la fortune lui eut ôté toute espérantepour l’avenir , & qu’elle l’eut comme renfermé dans le dernier mo-ment, fans rien régliger de ce qui pouvoit contribuer à la victoiresoit dans la disposition de son armée, soit dans le combat même, ^ne laifia pas que de prévoir comment, en cas qu’il fut défait, il cède 0roit à la nécessité présente, fans rien souffrir qui pût déshonorer fé spremières actions. Bel exemple pour ceux qui sont chargez de 1 Jconduite d’une guerre. Ils doivent apprendre de là deux choses: I 3première à ne pas tromper, en s’exposant témérairement, les espé-rances de ceux qui ont mis en eux leur confiance ; Sc la secondà ne point joindre l’infamie aux malheurs par un trop grand am 0$pour la vie.
Les Romains' après cette victoire pillèrent le camp des ennemi 5.Quantité de Gaulois y étoient couchez fur de la paille & y dos'moient d’ivrefle, ils les égorgèrent comme des victimes. Us assersblérent aussi tous les prisonniers, 8c il en revint au trésor public pfé 5de trois cens talens. On compte qu’il resta fur le champ de batai^au moins dix mille hommes tant Carthaginois que Gaulois, 8c deu*mille seulement de la part des Romains. Quelques-uns des principalCarthaginois furent faits prisonniers, tout le reste fut paíle au fil &l’épée.
Cette nouvelle venue à Rome, on souhaitoit tant qu’elle fût vraie>que d’abord on ne pouvoit la croire. Mais quand plusieurs courrieleurent appris non seulement la victoire, mais encore le détail de Ya c 'tion, toute la ville fut transportée de joie, chacun s’empreíla à orsl £sles lieux sacrez, les Temples furent remplis de gateaux 8c de victi"^pour les sacrifices. En un mot on reprit tant de confiance, que l’ 0Ílcrut qu’Annibal, qu’on redoutoit si fort auparavant, n’étoit déja p IllSen Italie.
CH*'