14* HISTOIRE DE POLYBE,
„ stable par elle-même, se conforme Sc ressemble en quelque sorte aux„ vents qui la bouleversent Sc la tourmentent, quand elle est agitée de„ quelque tempête; de même la multitude est telle qu’il plaît à ceux qui3 , la conduisent & aux conseils desquels elle se livre & s’abandonne. C’est3 , pour cela que tous les Officiers de l’armée Sc moi nous voulons bien,3 vous pardonner votre révolte , Sc que nous vous promettons solern-„ nellement d’en bannir à jamais le souvenir. Mais il n’y a pas de pat-„ don à espérer pour ceux qui vous 1 ont inspirée, nous serons inexo-,, râbles, Sc l’attentat qu’ils ont commis contre leur patrie Sc contre„ nous sera puni selon íòn mérite.
A peine Scipion eut-il fini, que les troupes qui environnoient l’aílêm-blée, frappèrent de leur épées contre leurs boucliers, selon l’ordre quileur en avoit été donné. Aussitôt on amena liez Sc dépouillez les auteursde la sédition. La multitude fut si effraiée & des soldats qui l’envelop-posent, & du triste spectacle qu’elle avoit devant les yeux, que pen-dant qu’on déchiroit de verges les uns Sc que l’on maísocroit à coups dehaches les autres, personne ne changea de visage Sc n’osa proférer bmoindre parole, Sc que tous demeurèrent comme immobiles d’étonne-ment & de crainte. On traîna à travers l’aísemblée ces criminels, Aensoite le Général & les ajitres Officiers engagèrent leur parole aux au-tres que jamais on ne rappelleroit leur faute. Ceux-ci jurèrent aussi l’uslaprès l’autre aux Tribuns qu’ils seroient obéissons aux ordres de leursChefs, & que jamais ils ne concevraient aucun dessein contre Rom^C’est ainsi que Scipion réprima par fa prudence une sédition qui auroifpû causer de grands maux, Sc qu’il rétablit son armée dans les disposi-tions où elle étoit avant que ce soulèvement arrivât.
CHAPITRE VII.
Indibilis est défait en bataille rangée.
S Cipîon aiant ramasse son armée dans Carthage même, convoiune assemblée, Sc lui fit un discours fur la hardiesse Sc la persild’Indibilis. II s’étendit fort fur ce sujet, Sc les raisons dont il sc ser^animèrent puissamment la multitude à tirer vengeance de l’infidélité d ece Prince. II rappel la ensuite les combats que les Romains avoient doU'nez aux Espagnols Sc aux Carthaginois tout ensemble, tandis que c'c-toient des Carthaginois qui commandoient; qu’après avoir toujours ét®vainqueurs dans ces combats, il seroit honteux de douter que comba^tant contre les Espagnols commandez par Indibilis , ils ne remportésent la victoire; que par cette raison il ne vouloir se servir du íecof sd’aucun Espagnol, Sc que les Romains seroient seuls cette eXPf