LIVRE XI. CHAP. VII.
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dition, asm que toute la terre connût que ce n’étoit point par le se-cours des Espagnols qu’ils avoient chaste d’Espagne les Carthaginois,mais que leur valeur feule 6c leur courage av.oient défait leurs troupes6c celles des Celtibériens. Soions seulement d’accord entre nous, ajou-ta-t-il, & si jamais nous avons entrepris quelque guerre avec confian-ce, marchons de même à celle-ci. Nc vous inquiétez pas du succès,je m’en charge avec l’aide des Dieux immortels. A ces mots les trou-pes conçûrent tant d’ardeur 6c d’asturance, qu à les voir on eut cruqu’elles étoient en présence des ennemis, 6c qu’ellcs etoient prés d’envenir aux mains. _ . . r , .
Le lendemain de cette assemblée, Scipion sc mit en marche. Aubout de dix jours il arriva à l’Ebre, & quatre jours âpres il 1 avoit pas-fé. II campa d’abord à la vûe des ennemis, dans unevallee qui etoitentre eux 6c lui. Le jour d’après aiant donné ordre à C. Ladius de te-nir fa cavalerie toute prête, 6c à quelques Tribuns de disposer au com-bat les Velites il sit jetter dans cette vallée quelques bestiaux qui e-toient à la fuite de son armée. Les Espagnols ne furent pas plutôt tom-bez fur cette proie, que l'on détacha quelques Velites contre eux.L’aftion s’engage, on envoie de part 6c d’autre du monde pour soute-nir, si s e sL àns la vallée une vive escarmouche d’infanterie. Ladiusavec fa cavalerie saisit cette occasion de fondre sur ceux qui escartnou-choient, leur coupe le chemin du pied de la montagne, 6c renverse laplupart de ceux qui étoient répandus dans le vallon. Cet avantage ir-rite le Barbares, qui pour ne point paraître effraiez 6c entièrementvaincus, font marcher toute leur armée dès le point du jour & la met-tent en bataille. Scipion soupirait après ce moment > mais voiantTesEspagnols décendre imprudemment dans la vallée, & ranger dans laplaine Sc cavalerie 6c infanterie, il différa quelque tems d'aller à eux,pour leur donner le tems de ranger tout le plus de gens de pied qu’ilspourraient. Ce n’est pas qu’il ne lé fiât à fa cavalerie, mais il comptoitbeaucoup plus fur son infanterie, qui dans les combats concertez 6c depied ferme étoit fort supérieure à celle des Espagnols, fans parler desarmes 6c du courage qui la mettoit encore fort au deíïus de l’autre.Quand il y eut autant de gens de pied qu’il souhaítoit, il se mit lui-même en bataille contre ceux qui étoient postez au pied de la monta-gne, & fit marcher quatre cohortes serrées contre ceux qui étoient dé-fendus dans la vallée. En même tems Lselius avança avec fa cavalerieparles collines, qui du camp s’étendoient jusques dans le vallon, tom-ba fur la cavalerie ennemie par ses derrières, 6c la retint à combattreavec lui. Par-là l’infancerie, qui n’étoit décendue dans la vallée que furl’espérance qu’elle avoir d’être soutenue par la cavalerie, étant privéede son secours, est pressée 6c aux abois. La cavalerie n’est pas plus àÍOn à. Prise dans un détroit 6c ne sçachant où se tourner, elle tue