Band 
Tome VI.
Seite
164
JPEG-Download
 

r <54 HISTOIRE DE POLYBE,

far ce point, & il avoit donné ordre aux députez de ne pas revenirqu’ils ne lui apportaííènt réponse sur chacun de ces articles. Cette dé-fense de retourner sans réponse, cette inquiétude sur la disposition ouétoient les Carthaginois, persuadèrent au Numide que Scipion son-gcoit sérieusement à conclure la paix. Dans cette pensée il envoie aver-tir Asdrubal de ce qui se paíîòit & l’exhorter à finir la guerre, vivantpendant ce tems-là fans souci 8c ne s’embaraíïànt pas que les Numidequi venoient de nouveau se logeaílent hors du camp. Scipion afFec-toit la même tranquillité, mais au fond il ne perdoit point de vû?son projet.

Syphax averti de la part des Carthaginois qu’il n’avoit qu’à trai-ter avec les Romains, transporté de joie en donne avis aux dépu-tez, qui fur le champ portèrent cette nouvelle à Scipion. Ce Géné-ral lui renvoia dire aussitôt que pour lui il ne demandoit pas mieu*que de faire la paix, mais que son conseil étoit du sentiment qu’ilfalloit continuer la guerre. C’étoit de peur que s’il faisoit quelqu?acte d’hostilité pendant que l’on traitoit de paix, il ne parût ail? 1 'contre la bonne foi : au lieu qu’après cette déclaration il croioitêtre à couvert de tout reproche, quelque chose qu’on entreprît con-tre les ennemis.

Ce changement fit beaucoup de peine à Syphax, qui avoit dé j a con-çu de grandes espérances de la paix. II fut s’aboucher avec Asdrubab& lui annonça ce qu’il venoit d’apprendre de la part des RomainsDans Pinquiétude où cette nouvelle les jetta, ils tinrent conseil entt?eux sur les mesures qu’ils avoient à prendre r mais ils ne pensèrentà rien moins qu’au péril dont ils étoient menacez, 8c ne songèrentpoint du tout aux précautions qui étoient nécessaires pour l’évitetToutes leurs vues se bornèrent à tâcher d’artirer les Romains en ra^campagne pour les combattre, ce qu’ils fouhaitoient avec une extrê-me passion.

Jusqu’alors fur les préparatifs que faisoit Scipion 8c fur les ord reSqu’il donnoit, on avoit cru qu’il vouloir surprendre Ctique, mais enfr 1il s’ouvrit fur son deílèin à un certain nombre de Tribuns choisis, ^les avertit vers le milieu du jour de souper à l’heure ordinaire, ^après que toutes les trompettes ensemble auroient sonné , selon ‘coutume, de faire sortir l’armée du camp. C’est l’usage chez les R 0 'mains que toutes les trompettes sonnent vers l’heure d u souper p ro£ y!la tente du Général, parce que c’est le tems que toutes les g ar ,se distribuent. Ensuite aiant aíìèmblé tous céux qù'îl 'avoit envoie? ^eonnoître les deux camps des ennemis, il examina & compara en^ eíílblé tout ce qu’ils lui d isolent des routes & des entrées de ces camP s ’consultant surtout Massiniílà , à qui les lieux étoient fort conn u .Quand tout fut disposé 8c qu’il eut laiíîe pour la garde du