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Tome VI.
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LIVRE XIV. CHAP. I. ie 5

un nombre suffisant de bonnes troupes, il se niet en marche avec lereste de l’armée sur la fin de la première veille, & arrive aux enne-mis, qui étoient à soixante stades de son camp, vers la fin de latroisième. A quelque distance de l’ennemi, il fit deux corps de sonArmée. II en donna la moitié Sc tous les Numides a Lxlius Sc a Mafìì-nifla , avec ordre d’attaquer le camp de Syphax, les exhortant designaler leur courage dans cette occasion Sc de ne rien faire qu’avecPrudence, qu’ils sçavoient bien qu’en fait réexpéditions nocturnes, ilfalloit trouver dans son intelligence Sc sa valeur les reíïòurces que lesténèbres ne permettent pas de trouver par les yeux ; puis il s’avançaavec le reste des troupes vers le camp d’Afdrubal, au petit pas ce-pendant, parce qu’il étoit résolu de ne pas fondre dessus, que duc °té de Lcelius on n’eût mis le feu à celui des Numides.

Ladius partage ses troupes en deux corps Sc leur fait mettre entnême tems le feu aux butes: il n’y fut pas plutôt, que les prê-tres furent d’abord embrasées Sc que le mal devint irrémédiable,tant parce qu’elles se touchoient les unes les autres , qu’à cause de* a quantité de matière qui brûloir. Tandis que Lxlius comme enréserve attendoit le tems de porter du secours, Massiniíïà posta sesS en s dans tous les endroits par où il sçavoit que les Numides de-nient pastèr pour se sauver de l’incendie. Aucun des Numides, pasmêrn e Syphax, ne soupçonnant d’où venoit ce grand feu, on crutrçu’il avoir pris au camp par quelque hazard. Sans penser à autrec hose les uns endormis se réveillent, les autres se lèvent de tableou ils s’étoient enivrez &c fautent hors de leurs butes; ceux-ci teroulent aux pieds les lins les autres aux portes du camp, ceux-là ton tgagnez par le feu Lc dévorez par les flammes, & ceux qui s’en échap-pent font massacrez par les Romains, fans sçavoir ni ce qu’ils souf-froient ni ce qu’ils faisoient.

A la vue de ce feu, dont la flamme s’élevoit à une hauteur prodi-gieuse, les Carthaginois crurent que cet embrasement s’étoit fait parhazard ; il y en eut quelques-uns qui coururent d’abord au secours;Mais tout le reste sortant sans armes de leur camp regardoient de de-vant le retranchement l’incendie avec une surprise extrême. Alors toutréussissant à Scipion selon ses désirs, il tombe fur ceux qui étoient sor-tlS 5 P a fle les uns au fil de l’épée, poursuit les autres & met en mêmetems le feu à leurs butes. En un moment voilà dans le camp des Car-thaginois le même embrasement & le même carnage que dans celui des■Numides. Asdrubal ne songea point à éteindre le feu, il vit bien alorsque l’incendie du camp des Numides n’étoit pas venu du hazard com-me h i’avoit cru, mais de la ruse & de la hardiestè des Romains, ilP Pensa qu’à se sauver, malgré le peu de jour qu’il voioit à la fuite.

ar le feu avoit bientôt pris & s’étoit répandu par tout, d’ailleurs

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