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LIVRE XIV. C H A P. I. 169
Annibal » & que fans délai on tentât encore cette voie de faire tete auxRomains, que selon toutes les apparences ces deux moiens auraient unheureux succès. D'autres cependant soutinrent qu’ils n’étoient pas pra-tiquables dans les conjonctures présentes, qu’il valloit mieux fortifierCarthage & fe tenir prêt à en soutenir le siège, qu’il fe presenteroit as-sez d’occasions de se tirer d’embarras pourvu que Ion fut bien d ac-cord , que cependant on devoit délibérer fur les moiens de faire la paix,fur les conditions que l'on voudroit accepter fur la maniéré don on sepourroit délivrer des maux dont on étoit accable. Apres une longuediscussion, on approuva l’un & l’autre sentiment, de sorte qu aussitôtaprès le conseil ceux qui dévoient partir pour l’Italie sc mirent en mer,l’Amiral monta sur ces vaisseaux, les uns travaillèrent aux fortificationsde la ville, & ses autres tinrent de fréquens conseils fur ce que chacunavoit à faire ,
Comme l’armée Romaine ne trouvoit rien qui lui résistât, & quescut au contraire plioit sous la terreur de ses armes, elle regorgeoitdeb utin. C’est pourquoi Scipion jugea à propos d en faire porter la plusgrande partie dans son premier camp, d aller avec les armez a la lege-re s’emparer d’une forteresse qui étoit au dessus de Tunis & de camperà la vûe des Carthaginois, dans la pensée que cela jetterait l’épouvanteParmi eux. Ceux-ci aiant mis en peu de jours fur leurs vaisseaux 1 e-ffuipage & ses vivres nécessaires , le disposoient a mettre a laYpise p Qur ex écuter leur projet , lorsque Scipion arriva a Tunis.Ce ux qui gardoient cette place craignirent d’en etre attaquez &c pri-re nt la fuite. Tunis est environ à six vingt stades de Carthage, d ouun se voit presque de quelque endroit de la ville qu’on le regarde.Nous avons déia dit que c’étoit un poste que la nature & 1 art avoientde concert rendu imprenable. Les Romains etoient a peine campez,S ue les Carthaginois levèrent l’ancre & vinrent par mer a Utique.Scipion en sot frappé , dans la crainte que son armee navale qm nesattendoit pas à cette entreprise & qui ne s’y étoit pas preparee, nesouffrît quelque échec II quitte aussitôt Tunis & se hâte de porter dusceours de ce côté là' II V trouva des vaisseaux de guerre propres, ilest vrai, à éloigner où à approcher des machines, en un mot a foi-re ™ %e > mis nullement en' état de combattre > au heu que les en-nemis avoient trav aillé tout l’hiver à y disposer leur ilote. Désespérant1? nc . de pouvoir résister à l’ennemi dans une bataille, il P>>s lc P atd environner ces bâtnnens de trois ou quatre rangs de vaisseaux dc, & enssiite. . . . Votez la fuite de cet evenement dans le
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vre de Tite-Lïve.
Tome VI ;
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