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Tome VI.
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histoire de polybe,

il réussit. La populace animée par cette action fit éclater toute la hainequ’elìe avoit dans le cœur contre les Magistrats. Les uns affichoiesltpendant la nuit leurs sentimens dans tous les quartiers de la ville, l eSautres pendant le jóur s’aíïëmbloient par bandes, &; s’ameutoient l eSuns les autres. Agathocles mécontent de ce soulèvement & n’en cofl'cevant pas pour lui de grandes espérances, tantôt pensoit à prendre hfuite &c puis changeoit de sentiment, parce qu’il avoit eu l’impruden cede ne rien disposer pour l’exécution ; tantôt il formoit avec d’autres ufi econspiration pour aller sur le champ égorger une partie de ses ennevâse saisir de l’autré, & ensuite usurper la tyrannie.

Sur ces entrefaites, le bruit court que Méragéne, un de ses gardes»décòuvroit toutes choses à Tlepoléme & s’entendoit avec lui, à caU'jde la liaison qu’il avoit avec Adée Gouverneur de Bybaste. D’aboí*,Agathocles donne ordre à Nicostrate son Sécretaire de s’assûrer de ^ragéne, de l’interroger avec foin , & de le menacer même de la qu^' !tion la plus rigoureuse. Nicostrate obéit fur le champ. II méne l’ e f' !pion dans l’appartement du palais le plus enfoncé ; là il interrogeragéne fur ce dont il s’agissoit; celui-ci n’avouant rien, on le dépouij.'le. Pendant que les uns disposent les instrumens nécessaires à la qwtion, & que les autres, les verges à la main, lui ôtent ses habits, $exprès vient trouver Nicostrate, lui souffle je ne sçai quoi à I’oreilíe ^aussitôt se retire. Nicostrate 1c suit sans rien dire, mais se frappécontinuellement la cuisse. II arriva ici à Méragéne une chose fort fyguliére. On avoit déja presque levé les verges pour le battre, on fy'paroit les instrumens de la torture fous ses yeux, & quand Nicostr^sc fut retiré, les satellites restèrent là devant lui immobiles se regardsl’un l’autre & attendant le retour de ce Sécretaire. Comme il refi° lquelque téms à revenir, ils s’en allèrent tous, &laiíîerentlàMérag^’qui nû comme il étoit traversa heureusement le palais & entra dansfytente des Macédoniens qui se rencontra auprès. Ils étoient aísefíse^pour dîner. II leur conte ce qui lui étoit arrivé & la façon surprenste dont il s’étóít sauvé. On ne pouvoit d’abord le croire, mais c°f

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nie on le voioit êncòre tout nû, on ne put s’en défendre. Mérag 1délivré de ce danger prie avec larmes les Macédoniens de prendre " ,seulement sa défense , mais encore celle du Roi, & la leur prop sÊ ’qu’il étoit évident qu’ils alloient tous périr, s’ils ne saifissoient le l s°.ment que la haine de la multitude contre Agathocles étoit dans sece, & que tout le monde étoit prêt à se soulever contre lui : q u6 , utJmoment étoit venu , & qu’il ne S’agiílòit plus que d’avoir quélq u ^qui entamât la chose. Les Macédoniens s’échaùstènt à ce discoursse laissent persuader. Ils pastènt ensuite dans les tentes des autres ^dats, lesquelles sc touchent les unes les autres & font toutes tour"du même côté de la ville. ^