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LIVRE XV. C H A P. V. 1-9
Comme depuis îongtems on ne demandoit qu’à se révolter , Sc qu’ílne falloit plus que quelqu’un pour pouíser les autres Sc se mettre à leurtête, ce fut un feu qui éclata dans le moment qu’il commença à pren-dre. II n’y avoit pas encore quatre heures que l’on parloir de se sou-lever, lorsque tous les ordres tant de la guerre que de la Magistraturefe trouvèrent réunis dans le même sentiment. Un accident vint alorstout a propos pour favoriser l’entrepriíe. On remit une lettre à Aga-thocles, Sc on lui amena des espions. La lettre étoit de Tlépoléme,qui mandoit qu’il joindroit inceíïamment l’armée, Sc les espions annon-Çoient qu’il en étoit déja proche. Cette nouvelle le mit tellement horsde lui-même, que toute affaire, tout conseil ceslânt, il s’en alla pren-dre son repas à l’heure ordinaire, Sc s’y divertit comme il avoit coutu-me de faire.
Mais Oenanthe pénétrée de douleur fut dans le Thesmophore, oule Temple de Cérés Sc de Proserpine, lequel étoit ouvert pour quelquesacrifice qui s e faisoit tous les ans à pareil jour. D’abord elle tombases genoux , Sc adressa aux Déeflès les prières les plus pressantes.
LHe s’aíut ensuite au pié de l’autel, Sc resta là tranquille. Quantité defemmes voioient avec plaisir la tristesse Sc l’afflictàon où elle étoit, Scdemeuraient en silence. Mais les parentes de Poíycrate Sc quelquesautres des plus illustres, ne sçachant pas les raisons de fa douleur, s’ap-prochérent d’elle Sc tâchèrent de la consoler. Alors Oenanthe jettantun grand cri: ne m’approchez pas, dít-elle, bêtes farouches que vousptes, je vous connois bien, vous nous êtes contraires, vous priez lesLécslès de nous envoier les plus grands maux. Mais j'espère qu’ellesPermettront que vous mangiez vos propres enfans. Ensuite elle ordon-na a ses femmes de chasser les autres qui croient venues, 6c de frappereelles qui refuseraient de se retirer. A ces mots les Da mes s’en allèrentfevant les mains au ciel, & le priant de faire retomber fur Oenanthe
es maux dont elle menaçoit les autres.
.Quoique la résolution de changer le Gouvernement eût été déjaptsse par les hommes, leur haine cependant redoubla, lorsqu’ils virentc hacun leur femme dans une si grande colère. A peine le jour fut-iîto mbé, que l’on ne vit dans la ville que tumulte, que flambeaux, quegens qui couraient de côté Sc d’autre. Ceux-ci s’assembloient en criantdans le Stade, ceux-là s’animoient les uns les autres, il y en avoit qui,Pour n’être pas exposez aux suites de ce soulèvement, se cadraientans des maisons ou des lieux où l’on ne pouvoir soupçonner qu’ils fus.ent. Déja tout le terrain d’autour du palais, le Stade, la place étoitcouverte de toute sorte de gens, & de ceux surtout qui fréquentent leeatre à Bacchus , sorsqu’on fut informer Agathocles de ce qui feenc° ir 1 • n *y avoiî; pas Iongtems qu’il étoit sorti de table, il s’éveille
Qre P lcin 6u vin qu’il avoit bû, il prend toute fa famille, excepté
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