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Tome VI.
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LIVRE XVII. C H A P. III.

sont ornez , tant les soldats se sont serrez les uns contre les autres.Cette peinture est aussi belle qu’élégantej 8c de là il s’ensuit qu’avantle premier rang il y en a cinq de saristès, plus courtes les unes que lesautres de deux coudées, à mesure qu’elles s’éloignent du premier rangau cinquième. Or comme la phalange est rangée fur seize de profon-deur, on peut aiíement se figurer quel est le choc, le poids & la for-ce de cette ordonnance. II est vrai cependant qu’au-delà du cinquiè-me rang les saristès ne font d’aucun usage pour le combat. Aussi ne lesallonge-t-on pas en avant, mais on les appuie fur les épaules du rangprécédent la pointe en haut, afin que pressées elles rompent l’impétuo-fité des traits, qui passent au-delà des premiers rangs & pourroienttomber fur ceux qui les suivent. Ces rangs postérieurs & reculez ontce pendant leur utilité. Car en marchant à l’ennemi ils poussent &Preslènt ceux qui les précédent, &c ôtent à ceux qui font devant euxtout moien de retourner en arriére. On a vû la disposition tant ducorps entier que des parties de la phalange. Voions maintenant ce<}ui est propre de P armure & de Pordonnance des Romains, pour entaire la comparaison avec celle des Macédoniens.

Le soldat Romain n’oecupe non plus que trois pies de terrain : maiscomme pour se couvrir de leurs boucliers 8c frapper d’estoc & de tail-le , ils sont dans la nécessité de se donner quelque mouvement, il fautqu’entre chaque légionnaire, soit à côté ou par derrière, il reste aumoins trois piés d’intervalle, si l’on veut qu’ils se remuent commo-dément. Chaque soldat Romain combattant contre une phalangea . donc deux hommes 8c dix saristès à forcer. Or quand on enVie nt a líx mains, il ne les peut forcer ni en coupant, ni en rom-pit, à les rangs qui le suivent ne lui' sont pour cela d’aucun se-c °urs. La violence du choc lui seroit également inutile & son épéene feroit nul effet. J’ai donc eu raison de dire que la phalange, tantst u ’olle se conserve dans son état propre 8c naturel, est invincible demmt , 8c que nulle autre ordonnance n’en peur soutenir l'effort.P’où vient donc que les Romains sont victorieux ? Pourquoi la pha-lange est-elle vaincue? C’est que dans la guerre le tems Sc le lieu desc ombats se varient en une infinité de manières, 8c que la phalangee st propre que dans un tems & d’une feule façon. Quand il s’agitc|ut\e action décisive, si l’ennemi est forcé d’avoir affaire à la phalangeQans un tems 8c dans un terrain qui lui soient convenables, nous Pa-^°ns déja dit, il y a toute forte d’apparence que tout Pava n rage feraducôté de la phalange. Mais si l’on peut éviter l’un 8c l’autre, com-me il est a ifé de le faire, qu’y a-t-il de si redoutable dans cette ordon-^ a nce? Q ue pour tirer parti d’une phalange, il soit nécestàire de luir °u.ver un terrain plat, découvert, uni, sansfossez, fans fondrières,

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