i8o AMBASSADES DE POLYBE.
étoient d’avis de les transférer à Bulet, & de les garder là avec foin,Mais quelques jours après ils leur proposèrent de se racheter, parccqu’alors ils étoient en guerre avec les Etoliens. Alexandre, un de cesAmbassadeurs, étoit l’homme le plus opulent de la Gréce-, les deuxautres étoient riches auffi , mais ils n’approchoient pas du premier.On leur demanda d’abord à chacun cinq talens. Les deux derniers,loin de rejetter cette proposition , l’acceptoient de tout leur cœur,regardant leur salut & leur liberté comme le bien le plus précieux qu’ilscuisent au monde. Mais Alexandre dit qu’il ne vouloir pas acheter ficher fa liberté, que cinq talens étoit une íòtnme exorbitante. Pendantles nuits il ne fermoir pas l’ceil, il les paílòit à gémir 8c à pleurer futla perte dont il étoit menacé. Cependant les Epirotes faiíoient de§réflexions fur l’avenir. Ils craignirent que les Romains avertis de la dé-tention d’Ambaísedeurs qui leur étoient envoiez, ne leur écrivissentpour les prier ou plutôt pour leur ordonner de les relâcher. Cette crain-te les rendit plus traitables, 8c ils se contentèrent de demander à cha-cun trois talens. Les deux moins riches consentent de les paier, #aiant donné caution retournent dans leur païs. Mais Alexandre d‘ cqu’il ne donneroit qu’un talent, 8c que c’étoit encore beaucoup. írefusa de fe sauver .à ce prix, 8c demeura dans la prison. Je crois qu £ce vieillard, qui étoit riche de plus de deux cens talens, auroit mieu*aimé perdre la vie, que d’en débourser trois. Tels font les excès où 1?fureur d’accumuler porte ceux qu’elle poísede. ‘ Et cependant il fut fiheureux dans son avarice, que dans la fuite il fut applaudi 8c loué ^refus déraisonnable qu’il avoir fait ; car peu de jours après, les lettréqu’on craignoit de la part des Romains, arrivèrent à Charandre, Sc fifut le seul qui recouvra fa liberté fans rançon. Les Etoliens informéde fon avanture, choisirent une seconde fois Damotéle pour leur A 01 'bafladeur à Rome, qui aiant .appris à Leucade que M. Fulvius alse lCpar l’Epire à Ambracie, désespéra du succès de son Ambaíîade & íC “tourna dans l’Etolie.
XXVIII.
Ambracie âpres un ajsez long siège se rend au Consul. Taìx enf e ^ eSEtoliens & les Romains. Articles du Traité.
I L étoit venu au camp des Romains des Ambassadeurs de lades Athéniens 8c des Rhodiens, pour porter M. Fulvius à faitepaix avec les Etoliens. Amynandre Roi des Athamaniens avoir au ^demandé un faufeonduit au Consul pour y venir. Au tems de fa f ul ^