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Tome VI.
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iSi AMBASSADES DE POLYBE.

8c de Rhodes restèrent à Ambracie en attendant le retour de Damo-téle, qui étoit allé annoncer aux Etoliens dequoi on étoit convenu.Ils y consentirent d’autant plus volontiers, qu’ils ne s’attendoient pas àêtre si fort ménagez. Le retranchement des villes qui vivoient aupa-ravant avec eux iòus les mêmes loix, leur fit d’abord quelque pei-ne, mais enfin ils y donnèrent encore les mains.

Ambracie rendue, le Consul renvoia les Etoliens, comme il avoitété réglé : mais il en fit transporter tous les ornemens, les statues &les tableaux, qui étoient en grand nombre, parce qu’Ambracie avoirété la Capitale & le lieu de la résidence de Pyrrhus. On fit auílì pré-sent à Fulvius d’une couronne de la valeur de cent cinquante talens-II pénétra ensuite dans les terres de l’Etolie, où il fut surpris de n erencontrer aucun Etolien qui lui vînt au-devant. Arrivé à Argos d'Am-philochíe, ville distante d’Ambracie de cent soixante stades, il y cam-pa, & apprit là de Damotéle que Ies Etoliens avoient confirmé le Trai-té. Après quoi les Ambastadeurs Etoliens retournèrent chez eux> #Fulvius revint à Ambracie, où il ne fut pas plutôt arrivé qu’il en par-tit pour aller dans la Céphallénie.

En Etoîie on choisit pour Ambastadeurs Phéneas & Nicandre, qu 1dévoient aller à Rome pour y faire ratifier le Traité de paix par le peu-ple, fans l’approbation duquel rien ne se pouvoit conclure. Ces Am-bastadeurs aiant pris avec eux ceux d 5 Athènes & de Rhodes, mirent 3la voile. Le Consul de son côté y envola aussi pour le même sujet Cari 5Valerius & quelques autres de ses amis. En arrivant à Rome, ces A#'baslàdeurs y trouvèrent tout le peuple soulevé par Philippe contre l eSEtoliens. Ce Prince croiant qu’ils lui avoient fait une injustice en f 6rendant maîtres de l’Athamanie & de la Dolopie, avoit envoie pri^les amis, qu’il avoit à Rome, d’entrer dans son ressentiment, &c^ne pas consentir à la paix. ils sçûrent tellement prévenir les esprit’que le Sénat d’abord ne daigna qu’à peine prêter l’oreille à cedisoient les Ambastadeurs Etoliens. Mais à la prière des Rhôdri 1 ^& des Athéniens on revint en leur faveur, & on les écouta avec atte ,vtion. Damis , un des Ambastadeurs d’Athénes , mérita les apprisdiísemens de toute l’aslemblée, qui dans son discours admiraautres choses une comparaison dont il se servit, & qui convefs 01

tout-à-fait à la conjoncture présente. II dit que c’étoit avec ^que le Sénat étoit irrité contre les Etoliensj qu’ils avoient été com^^de bienfaits par les Romains, fans que jamais ils en eu fient témoig^la moindre reconnoifiancej qu’au contraire en allumant la guerre c oíitre Antiochus, ils avoient jetté l'Empire Romain dans un péril eMnent: mais que le Sénat avoit tort d’imputer ces fautes à la natio^que dans les Etats la multitude étoit en quelque chose semblable 3mer : que celle-ci de la nature étoit toujours paisible 8c tranqul^'