íp 8 AMBASSADES DE POLYBE.
rité : au lieu que leur faute fit concevoir une grande idée du mérite d’A-risténe, on îe regarda comme le seul homme qui sçût parler avec con-noiffance de cause. II empêcha que le Decret ne fût ratifié, 8c remitla décision à un autre tems.
Après cela on donna audiance aux Ambassadeurs de Séleucus. On _renouvella l’alliance qu'o n avoir avec lui, mais on ne crut pas devoiraccepter pour lors les vaisseaux dont il faifoit présent. L’aslèmblée en-suite se sépara , 8c chacun se retira dans la ville d’où il étoit venu.Un autre jour qu’il se célébroit une grande fête, Quintus Ctccilius, auretour de Macédoine, où il étoit allé comme Ambassadeur auprès dePhilippe, vint dans l'Achaïe. Aristéne assembla aussitôt tous les prin-cipaux membres de la République dans Argos, 8c Quintus CaeciliuSétant entré dans ce Conseil, dit que les Achéens dévoient d’autantmoins user de rigueur avec les Lacédémoniens, que la conduite qu’onavoir tenue à leur égard paíìòit les bornes d’une juste modération, &que l’on feroit bien de réformer tout ce qui s’étoit imprudemment faitcontre eux dans cette occasion, à quoi il exhorta les Achéens de toutfòn pouvoir.
II parut bien alors que ce qui avoir été statué contre les Lacédé-moniens n’étoit pas du goût d’Aristéne, & qu’il s’entendoit avec Caz-cilius, son silence le trahit, il ne répliqua pas un seul mot. Diophanesde Mégalopolis, homme plus guerrier que politique, sc leva ensuite.Ce ne fut pas pour défendre ou excuser le procédé des Achéens, iln’ouvrit pas la bouche fur ce point, mais pour sc venger de Philopœ-men, qu’il n’aimoit pas, en intentant une autre accusation contre lesAchéens. II dit qu’on avoir injustement agi non seulement avec Lacé-démone, mais encore avec MeíTéne. Ce reproche étoit fondé fur ceque les Mesléniens n’étoient d’accord entre eux ni fur le Decretqu’avoit fait Titus Quintius pour le rappel des exilez, ni fur la ma-niéré dont Philopœmen l’avoit mis à exécution. Caecilius sc voiantdes partisans parmi les Achéens mêmes, trouva encore plus riiauvaisque tout le Conseil ne se soumît pas à son sentiment.
Alors Philopœmen, Lycortas & Archon prirent hautement la défen-se de la République, ils firent voir que tout ce qui avoir été fait a u su-jet de Sparte avoir été sagement fait & même à l’avantage des Lacédé-moniens, 8c que l’on n’y pouvoit rien changer fans violer tousdroits humains & le respect: que l’on devoir aux Dieux. Le Conseiltouché de leur discours , ordonna qu’il ne seroit rien changé à cequi avoir été réglé, & que l’on ’donneroit cette réponse à l’Amba^'deur Romain. Quand on la porta à Cmcilius, il ■ demanda que s°| Tconvoquât les Comices du pais. Les Magistrats répondirent qu’dïoit pour cela qu’il produisît une lettre du Sénat de Rome, par laquel-le on- priât les Achéens de s’aílèmbler. Comme il n’en avoir point, ost