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Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE. 347

L X X X I X.

Les Rois d'Egypte demandent aux Achéens des troupes auxiliaires ,& en particulier Ly c or t as & Eolybe. 'Délibérationdes Achéens à ce sujet.

D Ans le Péloponèse, l’hiver n’étoic pas encore passé, qu’il y arri-va une Ambassade solemnelle de la part des deux Ptolémées,.pour demander quelque secours aux Achéens. II y eut fur cela unedélibération où chacun soutint son sentiment avec beaucoup de chaleur.Callicrates, Diophane & Hyperbatone ne vouloient pas qu’on accor-dât le secours demandé. Archon, Lycortas & Polybe étoient d’un aviscontraire, Sc l’appuioient fur l’alliance qu’on avoit faite avec les deuxRois. Car le plus jeune des Ptolémées avoit été déclaré Roi depuispeu, Sc l’aîné revenu de Memphis régnoit avec son frère. Tous deuxaiant besoin de troupes avoient dépêché aux Achéens Euméne Sc Dio-nyfodore, pour en obtenir mille fantassins que Lycortas conduirait,Lc deux cens chevaux dont Polybe aurait le commandement. Outrecela ils avoient écrit au Sicyonien Théodoridas de lever mille soldatsmercénaires. Ces trois Achéens étoient connus particulièrement desdeux Rois, nous avons dit plus haut ce qui leur avoit procuré cethonneur.

Ces Ambassadeurs étant donc arrivez à Corinthe, où se tenoit l’asiíèmblée des Achéens, après avoir rappelle l'étroite liaison qu’il y avoitentre l’Egypte & la Ligue, Sc mis fous les yeux les conjonctures fâ-cheuses où se trouvoient les deux Rois, ils demandèrent qu’on allât àleur secours. La multitude étoit très-disposée à leur envoier non seu-lement une partie de ses forces, mais même tout ce qu’elle en avoit,s’il en étoit besoin : mais Callicrates s’y opposa, Sc dit que si en gé-néral il étoit de l’intérêt des Achéens de ne pas se mêler des affairesétrangères, il l’étoit surtout dans les circonstances présentes, où ilimportoit de ne pas diviser leurs forces, & d’être en état de servirles Romains, qu’on croioit devoir donner au premier jour une ba-taille générale à Perfée, puisque Marcius avoit ses quartiers dans la

Macédoine.

Là dessus on hésitoit, de peur de manquer l’occasion de servir lesRomains. Alors Lycortas & Polybe prenant la parole, dirent entreautres choses, que l’année précédente Polybe étant allé trouver Mar-Cl us pour lui offrir le secours que la Ligue des Achéens lui avoit dé-eer né, ce Consul, en le remerciant, lui avoit dit qu’une fois entré

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