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Tome VI.
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34 8 AMBASSADES DE POLYBE.

dans la Macédoine il n’avoit' plus besoin des forces des Alliez íqu’on ne devoir donc pas se servir de ce prétexte pour abandon-ner les Rois d’Egypte ; que dans les conjonctures où ces Princesse trou voient, il fuioit saisir l’occasion de leur être utiles ; qu’onne pouvoit fans ingratitude oublier les bienfaits qu’on en avoir re-çus, Sc qu’en manquant à ce devoir, on violerait les Traitez Lc lessermens fur lesquels l’alliance étoit fondée. Déja la multitude pen-drait à accorder le secours , lorsque Callicrates congédia les Magi-strats , sous couleur que les loix ne permettoient pas de délibérerfur une affaire de cette nature dans une telle assemblée.

Quelque tems aprés, le Sénat s’érant assemblé à Sicyone, non seule-ment tous les membres du Conseil s’y rendirent, mais encore tousceux qui étoient âgez de plus de trente ans. Entre ceux qui repar-lèrent de la même affaire, Polybe y aiant répété que les Romains n’a-voient nul besoin de secours, qu’il devoit en être cru, puisqu’il le sça-voit du Consul même , qu’il avoit vû l’année précédente dans la Ma-cédoine : il ajouta que quand même il ferait nécessaire de secourir lesRomains, cela ne devoit pas empêcher que la République ne prêtâtla main aux Ptolémées, puisque ces Princes ne demandoient que mil sefantassins Sc deux cens chevaux : qu’une si petite diversion ne diminue-rait pas beaucoup ses forces, puisqu’elle étoit en état de mettre surpied, sans s’incommoder, trente ou quarante mille hommes. Ce dis-cours toucha la multitude, Sc il n’y eut personne qui ne se sentît porté àenvoler du secours aux Rois d’Egypte. Le lendemain qui étoit le jourque le Conseil devoit faire son Decret, Lycortas proposa celui-ci, qu’ilfalloir envoier du secours : mais Callicrates proposa au contraire qu’ilfalloir envoier des Ambassadeurs à Antiochus pour le porter à faire lapaix avec les Ptolémées. Nouvelle délibération , nouvelle dispute»mais où Lycortas eut une grande supériorité. II compara ensemble se Sdeux Roiaumes, Sc en fit voir la différence; qu’à la vérité Antiochu 5avoit donné à la Gréce des preuves de fa grandeur d’ame Sc de fa gé-nérosité, mais que dans les siécles passez on ne trouvoit presque aucurtvestige de liaison entre la Syrie & les Grecs ; au lieu qu’autrefois i^avoient reçu tant de bienfaits de l’Egypte, que personne n’en avoit étéplus favorisé. Lycortas appuia fur cette différence avec tant de f° rcCSc de dignité, qu’on la sentit toute entière, Sc que l’on conçut u negrande idée des Rois d’Egypte. En effet autant qu’il étoit difficisecompter le nombre des bons offices que les Rois d’Alexandrie avosefltrendus; autant il étoit impossible de découvrir quel avantage étoit ja-mais venu aux Achéens de la part du Roiaume de Syrie.

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