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Tome VI.
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4 op EXEMPLES DE VERTUS

íbnnes s’attachércnt à lui par reconnoiíîànce , 8c fa probité prévinttellement les Romains en fa faveur Sc lui tic une si belle réputation par-mi eux i qu’après la mort d’Ancus, ils lui déférèrent l’autorité souve-raine.

I I.

Hïéronymus , Hiéron son aieul & Gélon son père ,

Tyrans de Syracuse .

Q Uelques Historiens, à l’occasion de la mort tragique d’Hiérony-mus, ont déclamé avec trop de vivacité contre ce Tyran. Ibfe Ion t étendus au-delà des justes bornes fur de prétendus prodiges quiont précédé son gouvernement, 8c fur les malheurs qu’il a causez auxSyracusains. Ils ne tarissent point fur la férocité de son naturel, ible représentent comme un scélérat & un homme abominable, 8c racon-tent sa mort comme i’événement du monde le plus extraordinaire. Ales en croire, jamais Tyran ne fut plus cruel : Phalaris, Apollodo-re, 8c tous les autres, comparez avec lui, ont été les plus doux deshommes. A ces traits reconnoît-on un Prince, qui est monté fur I etrône, lorsqu’il n’étoit encore qu’enfant, 8c qui n’y a pas vécu plusde treize mois ? Que pendant un régne si court un ou deux Siciliensaient été maltraitez, que quelques amis 8c d’autres Syracusains aientété tuez, cela n’est pas impossible} mais qu’en si peu de tems l’injustbce 8c l’impiéte aient été portées aux derniers excès, cela est hors detoute vraisemblance. Je ne disconviens pas qu’Hiéronymus n’ait èretéméraire 8c injuste. J'avoue même que c’éroit son caractère} mais ijne l’étoit pas à beaucoup près autant que les autres Tyrans que j’ aInommez. Et voilà le défaut où l’on court risque de tomber, quandon entreprend de traiter un sujet de peu d’étendue 8c qui fournit p eUà l’Ecrivain} on amplifie alors les plus petites choses, on ramaíse avecsoin les événemens les moins considérables, 8c l’on raconte fortau longdes faits qui ne valsent pas même la peine d’être indiquez. Quelqu eSAuteurs «'exposent aux mêmes reproches, faute de discernement da nSîe choix des Histoires qu’ils fe proposent d’écríre. Si l’òn vouloj cfaire un Livre d’une juste grosseur, pourquoi s’attacher plutôt à Hi e 'ronymus qu’à Hiéron 8c à Gélon ? L’Histoire de ces deux Tyra nSeût été beaucoup plus agréable 8c plus utile. Hiéron n’a dû son éléva-tion qu’à son seul mérite. Pour régner fur ses Syracusains Sc fur l etirSAlliez, il n’avoit ni richesses, ni réputation, ni aucun autre secoursde ía fortune. II ne s’est ouvert le chemin du trône ni par 1e meurtre.