4.2. EXEMPLES DE VERTUS
étoit son caractère, & à quelle école il avoir été instruit. Car je nepuis souffrir ces Historiens qui nous entretiennent longtems fur uneville, quand on a commencé à la bâtir, par qui & comment elle aété bâtie, où elle est située,ce qui s’y est passé, & qui ne nous disentpas un mot des soins & des peines que se sont données les grandshommes pour se rendre capables du gouvernement. Cependant com-bien tireroit-on plus d’utilité de l’un que de l’autre ? Un édifice nenous présente rien pour notre instruction , rien que nous puistions imi-ter: mais en apprenant les inclinations cfun homme bien né, nous som-mes portez à nous le proposer pour modèle & à marcher sur ses tra-ces. C’est pour cela que si dans une Histoire particulière je n’euslè pasfait connoître quel étoit Philopœmen, de qui il venoit, 8c commentil avoit été élevé, je me croirais obligé d’entrer ici dans ce détail : maisparce que dans trois Livres que j’ai consacrez à sa mémoire , j’ai rap-porté l’éducation qu’il avoit reçûe & ses actions les plus mémorables,il ne conviendrait pas que dans cet Ouvrage je m’arrêtastè fur ses pre-mières années: au lieu que les deux Ouvrages seront dans les régies,si aux actions qu’il a faites dans la force de l’âge, & que je n’ai indi-quées que sommairement dan s le premier, j’ajoute Jans celui-ci les par-ticularisez que j’ai retranchées dans l’autre. Dans le premier on nepouvoit demander de moi qu’un tableau en racourci & orné de ses ac-tions. C’étoit moins une Histoire qu’un éloge que je m’étois propose.Mais celui-ci est une Histoire , où le blâme & la louange ont éga-lement place, Sc où par conséquent les fairs doivent être vrais, ap-puiez de preuves & accompagnez de réflexions. Entrons donc enmatière.
Philopœmen naquit de parens illustres , il tirait son origine des fa-milles les plus distinguées. II eut pour premier maître Cléandre, no-ble Mantinéen , qui avoit droit d’hospitalité chez son père, 8c quiétoit alors banni de fa patrie. Adolescent il se fit disciple d’Ecaé-me & de Démophanes , qui nez l’un 8c l’autre à Mégalopolis, s’é-toient retirez chez le Philosophe Arcéíîlas. Pendant leur fuite, aiantformé une conspiration contre Aristodéme, ils remirent leur pais enliberté, 8c furent d’un grand secours à Aratus pour délivrer les Sicyo*niens de leur Tyran Nicoclës. Appeliez ensuite par les Cyrénéens,ils gouvernèrent ce peuple avec beaucoup de sageslè 8c le maintin-rent en liberté. Formé par ces deux Mégalopolitains, Philopœmensc distingua dès fa jeunesse parmi ses égaux, soit à la chaste, so íCdans la guerre, par son ardeur infatigable dans l’une 8z dans l’au-tre Sc par son courage. Dans la maniéré de se nourrir 8c de s’ha-biller il joignoit un grand arrangement à une grande frugalité. *■avoit appris de ses maîtres qu’un homme négligent dans ce qui se re-garde personnellement, est incapable de bien gouverner les affaires