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d’un Etat, St que qui dépense pour vivre, au-delà de ses propresrevenus, vivra bientôt aux dépens du public. Créé par les AchéènsCommandant de la cavalerie, il la reçut dans un état misérable ,sens discipline 8c fans courage. II fçut fi bien l’exercer 8c la piquerd’émulation, qu’il la rendit non seulement meilleure qu’elle n’étoitauparavant, mais encore de beaucoup supérieure à celle des enne-mis. La plupart de ceux qui entrent dans cette charge fans con-noissance des mouvemens de la cavalerie , ne hazardent point dédonner des ordres. D’autres ambitionnant la Préture, ménagent leurmonde 8c se concilient d’avance ses suffrages. Pour cela ils ne repren-nent Sc ne punissent rien, fans quoi cependant on expose un Etat à *sa ruine , il S dissimulent les fautes, & pour faire une petite grâce ilsfont un tort infini à ceux qui leur ont confié le commandement.
H en est enfin d’autres , qui font courageux , habiles , désintéressez& sens ambition, mais qui par une exactitude outrée Sc importunedérangent plus ses troupes que ceux qui n’en ont aucune.
XIII.
Rhilippe Roi de Macédoine.
C E Prince, après avoir célébré les jeux Néméens, retourna à Ar-gos , où quittant le diadème Sc la pourpre, il voulut vivre d’é-gal à égal avec tout 1e monde, Sc affecta des manières tout-à-fait dou-ces Sc populaires. Mais plus il sc rapprocha du peuple par ses habits,plus la puissance qu’il exerça fut grande Sc souveraine. Cc n’étoientplus les femmes veuves ou mariées qu’il tâchoit de corrompre. Cellequi lui plaisent, il lui envoioit ordre de le venir trouver. Celles quin’obéiíîoient pas fur le champ, il alloit manger chez elles Sc les des-honoroit. Sous divers prétextes déraisonnables, il faisoit venir chezlui les enfans des unes, les maris des autres, Sc ses intimidoit par sesmenaces. II n’y eut point de désordres où il ne se plongeât, pointd’injustice qu’il ne commît. Ces excès firent beaucoup de peine auxAchéens, Sc surtout aux honnêtes gens d’entre eux. Mais menacezde guerre de tous cotez, il falloit, malgré qu’ils en eussent, qu’ilssupportassent patiemment lès débordemens affreux de ce Prince.
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XIV. Le