45 o EXEMPLES DE VERTUS
à la suite du Roi deux de ses sils, Sc il n’y en.a qu’un qui i’ait accom-pagné.
Comment se peut-il encore faire que Scopas soit .sorti le premier &le dernier du combat? Si nous en croions notre Historien, ce Géné-ral n’eut pas plutôt vû la cavalerie conduite par le jeune Antiochusfondre, aù retour de la poursuite des fuiards, fur les derrières de faphalange, que désespérant de vaincre, il fit retraite. Cependant ilnous dit dans un autre endroit que Scopas voiant la phalange envelop-pée par les éléphans & par la cavalerie, il crut la bataille perdue & íèretira. Quelle confusion ne doivent pas faire à des Historiens des fau-tes si palpables, des contradictions si manifestes!
Concluons donc qu’il faut faire tous ses efforts pour exceller danstoutes les parties de l'Histoire, cette ambition est digne d’un honnêtehomme: mais que si éela ne se peut pas, l’on doit s’appliquer princi-palement aux parties les plus importantes Sc les plus nécessaires. Je don-ne cet avis, parce que je vois que dans les autres arts Sedans les scien-ces, comme dans PHistoire, l'on néglige le vrai Sc futile, & qu’onne recherche que le brillant & ce qui flatte l’imagination. On loueces sortes de productions , on les admire. Ce font pourtant cellesqui coûtent le moins, Sc qui font le moins d’honneur. J en attesteles peintres
Au reste à l’égard des fautes de Géographie que nous venons de re-lever, comme elles fautoient aux yeux, j'en ai écrit à Zénon même)car il n’est pas d’un galant homme de tirer avantage des fautes d’autriii»pour se faire de la réputation à ses dépens. C’est cependant un procé-dé aísez ordinaire. Mais loin d’en agir ainsi, je crois qu’en vûe defutilité publique nous devons, autant qu’il est possible, non seulementtravailler nos Ouvrages avec foin, mais encore aider aux autres àrectifier les leurs. Par malheur cet Historien reçut ma Lettre trop tard.L’Histoire étoit déja répandue dans le public. II n’étoit plus possibled’y rien changer, il en fut au désespoir, mais du reste il prit en très-bonne part les avis que j’avois pris la liberté de lui donner. Je p« eceux qûi dans la fuite me liront de tenir la même conduite à mon e-gard. S’ils s’apperçoivent que j’aie quelque part menti à dessein ° udissimulé la vérité la connoistant, qu’ils me condamnent fans misés'corde j mais si je n’ai manqué que faute d’avoir été aísez inssiu'^de certaines choses , je leur demande grâce. Dans un Ouvrage Ûvaste & qui embrasse tant de choses, il n’est pas aisé d’être égal e 'ment exact en tout.
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