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Tome VI.
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ET DE VICES. 4Zl

XXXIV.

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Tlépoléme.

T Lépoléme étoit encore jeune lorsqu’en Egypte il fut honoré duMinistère. 11 avoit porté les armes toute fa vie , & avoir faitgrande figure dans les armées. II étoit naturellement haut &: avide degloire. Pour les affaires, il avoit beaucoup de bonnes & beaucoup demauvaises qualitez. Brave & vigoureux, il fçavoit commander une ar-mée, bien conduire une expédition, manier les esprits des soldats, &les amener où il vouloit. Mais personne n’étoit moins propre aux af-faires qui demandent de l’étude 8c de l’attention, personne n’entendoitmoins les finances. Audi fa fortune fut-elle de peu de durée. Le Roiau-me fe sentit bientôt de fa prodigalité. II ne fe vit pas plutôt maîtredes coffres du Roi, qu'il pafîa la plus grande partie des jours à jouerà la paume, & à disputer avec de jeunes gens à qui brilleroit davanta-ge dans les exercices militaires. II leur donnoit ensuite de grands repas.C’étoient là ses occupations & ses compagnies ordinaires. Quand ilfaifoit tant que de donner quelque audience pour les affaires de l’Etat,c’étoit alors qu’il répandoit à pleines mains & qu’il diflìpoit l’argent deson Maître. 11 en donnoit avec profusion aux Députez de Gréce, auxartisans de Bacchus, .& surtout aux Officiers de l’armée & aux soldats.II ne fçavoit ce que c'étoit que de refuser. II paioit grassement les lou-anges qu’on lui donnoit, de quelque part qu’elles vinssent. Par-là ils’exposa à des dépenses beaucoup plus considérables. Car on ne le louapas seulement pour les bienfaits qu’on avoit reçus, fans qu’on s’y at-tendît-, mais encore pour ceux qu’on efpéroit de recevoir dans la fuite.C’étoit de tout côté à qui le loueroit davantage. On n’entendoit partout que des éloges de Tlépoléme. Dans tous les repas on bûvoit à fasanté. La ville étoit pleine d’inscriptions à son honneur, toutes les ruesretentifsoient de chansons, où l’on élevoit son mérite juíqu’au ciel.Ce déchaînement de louanges lui enfla le cœur, & ne fit qu’irriter efilui la passion d’être loué, & pour fe satisfaire il devint encore plus li-béral à l’égard des étrangers & des soldats. A la Cour ces prodigalitezlui firent des ennemis, on l’y blâmoit hautement, fa vanité y devintinsupportable, & Sosibe y étoit infiniment plus estimé. En effet ce So-hbe fe conduisoit auprès du Prince avec une fageflè qui paroiffoit audeflùs de son âge, & avec les étrangers, c’étoient toujours des manié-res dignes des deux emplois qui lui avoient été confiez, fçavoit deGar-de de l’Anneau Roial & de premier Officier des Gardes du corps.

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