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Tome VI.
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ET DE VICES. 4 5 9

se. II les défit en bataille rangée, 8c après fa victoire il sc fit dé-clarer Roi. De soixante Sc douze ans qu’il vequit, n en régna qua-rante, toujours modeste & grave avec la Reine fa femme les Prin-ces ses enfans, toujours d’une fidélité inviolable a égard de tous sesAlliez. II mourut dans le cours d’une de fes plus belles entreprises,en travaillant pour la liberté des Grecs. En mourant 1 ai a quatrefils qui avoient atteint l’adolescence, Sc qui trouvèrent e oiaume 1bien établi, que leurs enfans mêmes en jouirent paisiblement Sc lanstrouble.

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Les Béotiens*

L Es affaires de ce peuple dépéristòient depuis Iongtems , & i’àn-cienne gloire de leur gouvernement s’étoit presque évanouie.Au tems de la bataille de Leuctres leur réputation 8c leur puiílànceavoient fait de grands progrès, mais dans la fuite sous la Prétured’Amœocrite, l’un 8c l’autre s’affoiblirent, 8c enfin prenant tout uneautre route que celle,qu’ils avoient auparavant suivie, ils perdirenttoute la gloire qu’ils s’étoient aquise. Voici comme la chose arri-va. Les Achéens par une alliance faite avec eux les avoient enga-gez à prendre les armes contre les Etoliens. Ceux-ci fondent avec•une armée fur la Béotie. Les Béotiens s’astemblent en corps d’ar-mée, 8c fans attendre les Achéens qui dévoient venir à leur secours,en viennent aux mains avec leurs ennemis. Défaits ils sc laisterenttellement abattre, que depuis ce tems-là ils isolèrent plus rien en-treprendre pour recouvrer leur première splendeur, ni sc joindre parDecret public aux autres Grecs dans quelque expédition qu’on leurproposât. Us ne pensèrent plus qu’à boire 8c à manger , 8c ils fi-rent l’un 8c l’autre avec tant d’excès , qu’ils devinrent fans courage& fans force. 11 est bon de marquer ici par quels degrez ce change-ment se fit.

. Après leur défaite, aiant abandonné les Achéens, ils sc joignirenta f Etat des Etoliens, dont ils fe séparèrent peu de tems après, lors-qu ils ses virent marcher contre Demetrius père de Philippe. CePrince ne fut pas plutôt entré dans la Béotie, que fans fe donner lemoindre mouvement pour le repousser ils se livrèrent aux Macédo-niens. Comme il restoit encore parmi eux quelque foible étincelle de‘ancienne vertu, quelques-uns portèrent ce joug avec impatience. On^ éleva vivement contre Alcondas 8c Néon , l’un aieul 8c i’autre pèrede Brachylles, lesquels étoient les plus ardens pour le parti des Macédo-niens.