Band 
Tome VI.
Seite
448
JPEG-Download
 

448 EXEMPLES DE VERTUS

n’auroit osé tenter, il se fit en peu de teras de la réputation. D'abordil distribua légèrement & en parties inégales aux plus vils citoiens lesterres que les Tyrans avoient accordées aux sœurs, aux femmes, auxmères & aux enrans de ceux qui avoient été bannis. Ensuite sans égardpour les loix, fans Decret public, fans Pautorité du Magistrat, il usedes richesses de l’Etat comme si.elles lui eussent appartenues, & dissipaen folles dépenses les revenus de la République. Quelques citoiens in-dignez de cette conduite, demandèrent avec des instances réitérées que' suivant les loix on établît des Questeurs pour garder le trésor public»ce qui fut exécuté. MaisChœron, que fa conscience inquiétois, pri £des mesures pour se mettre à l’abri des perquisitions de ces nouveauxOfficiers. Un d’entre eux nommé Apollonides, étoit le plus capablede pénétrer dans toutes ses malversations. II aposta quelques assassinsqui le massacrèrent lorfqu’il revenoit du bain. Cette nouvelle por-tée chez les Achéens, souleva toute la multitude contre Pauteur dumeurtre. Le Préteur partit aussitôt pour Lacédémone, là il se saisîtde Chœron, lui ordonna de répondre sur le crime dont il étoit ac-cusé , & après l’avoir condamné il le fit jetter dans un cachot. 11 ex-porta ensuite les autres Questeurs à rechercher avec foin les denierspublics, & de faire en forte que les terres enlevées aux parens des ban-nis leur fussent exactement rendues.

L V I I I.

< Philopœmen & Artfténe.

E Ntre ces deux Préteurs des Achéens on remarquoit une grandedifference, soit du côté du caractère, soit dans la maniéré degouverner. Le premier étoit né pour la guerre. Le corps & Pesprit se 01 'bloient être faits pour cela. L’autre étoit propre à délibérer & à ha-ranguer dans des Conseils. On reconnut surtout en quoi Pun différâtde Pautre, lorsque la République Romaine étendit sa puissance &autorité dans la Gréce, c’est-à-dire au tems des guerres de Philipp e •d’Antiochus. Alors la politique d’Aristéne consistoit à faire fanstout ce qu’il croioit être de Pintérêt des Romains, quelquefois mêmeavant qu’il en reçût ordre de leur part. II tâchoit cependant de couvrirson attachement pour eux de quelque apparence de zélé pour les lp 1 *’& quand il arrivoit qu’on lui demandât quelque, chose qui leur étotouvertement contraire , il sc défendoit de Paccorder. Philopoe^agissoit d’une autre façon. Si ce que les Romains exigeoient de l’Achaie

étoit conforme aux loix & aux Traitez d'alliance faits avec eux, wr &

champ