ET DE VIC’ES. 449
champ 8c fans chicane il exécutoit leurs ordres. Mais quand leursprétentions paísoient au-delà de ces bornes, il ne pouvoir se résou-dre à s’y soumettre de lui-même. II vouloir que d’abord on leurfit connoître les raisons qu’on avoir de ne pas s’y rendre , ensuitequ’on en vînt aux prières 8c qu’on les suppliât de se renfermer dansles Traitezi s’ils demeuraient inflexibles, qu’on prît alors les Dieuxà témoin de l’infraétion 8c que l’on obéît.
L I X.
Ter fée.
A Près avoir renouvellé son alliance avec les Romains, ce Prin-ce s’appliqua d’abord à sc gagner les Grecs. Pour y réussir,il fit afficher à Déìos, à Delphes 8c dans le Temple de Minerve Ira-nienne , des édits par lesquels il rappelloit dans la Macédoine tousceux qui en étoient sortis ou pour se dérober aux poursuites de leurscréanciers, ou par sentence de J uge, ou pour crimes d’Etat. Par cesédits il défendoit encore qu’on les inquiétât fur leur route, 8c leur per-mit non seulement de rentrer dans les biens dont ils a voient été dé-pouillez , mais encore de se faire paier des fruits que ces biens avoientproduits depuis qu’ils étoient en exil. II remit aux Macédoniens tout cequ’ils dévoient au Trésor roial, & mit en liberté tous les prisonniersd Etat. Cette douceur, cette générosité fit concevoir aux Grecs degrandes espérances de ce Prince, qui d’ailleurs soutenoit son rang a-vec beaucoup de dignité. II étoit bien fait de fa personne 8c d'unevigueur à supporter toutes sortes de travaux. Son air 8c tous les traitsde son visage répondoient à sa jeunesse. Cette passion démesurée pourles femmes 8c pour la table, à laquelle Philippe son père s’étoit livré,on n’en appercevoit chez lui nul vestige. Tel fut Períee quand il coin-mença de régner.
L X.
T hilippe.
J ^Amais Roi ne fut plus infidèle 8c plus injuste que l’étoit ce Prince ,lorsque sa puissance vint à s’accroître, 8c qu’il fut le maître chezles Grecs : jamais Roi ne fut plus modeste 8c plus raisonnable queTome VI. L 1 1 lui,