45 B EXEMPLES DE VERTUS
avec plaisir. Cet esprit vain se faisoit un honneur d’être brouilléavec Euméne.
L X X I I.
Antiochus.
C E Prince avide de grossir ses trésors, se proposa d’aller piller letemple de Diane dans l’Elymaïde. II y fut en effet, mais lesbarbares qui habitoient le pais s’opposérent avec tant de zélé 8c de for-ce à son projet sacrilège, qu’il fut obligé d’y renoncer. II se retira en-suite à Tabas dans la Perse, où il fut atteint d’une phrénésie qui l’em-porta. Quelques Historiens disent que ce fut une punition divine, par-ce que la divinité si t paroître quelques marques extérieures de son in-dignation contre ce Prince.
L X X I I I.
Famille des Scipions.
L A vertu de Paul Emile, vainqueur de Persée, éclata surtout après' fa mort. Tel qu’on croioit être son désintéressement, pendantqu’il vivoit, tel on trouva qu’il étoit quand il eut expiré, 8c c’est prin-cipalement à cette marque que la vertu se reconnoît. Ce Romain q uld’Espagne avoit porté dans les coffres de la République plus d’ar-gent qu’aucun autre de son te ms ; qui s’étoit rendu maître des tré-sors immenses de la Macédoine , 8c qui pouvoit en disposer com-me il lui auroit plû 5 ce Romain, dis-je, pensa si peu à s’enrichir lui-même, comme nous l’avons déja dit, qu’après fa mort on ne trouvapas dans fa maison dequoi faire à sa femme la dot qu’elle avoit appor-tée en mariage, 8c qu’il fallut vendre des terres pour achever la somme-On loue, on admire ce détachement des richesses dans quelques-uns denos Grecs: mais l’on doit convenir que celui de Paul Emile en ef-face entièrement la gloire. Car si ne pas recevoir de l’argent &le laisser à celui qui le présente, comme Aristide 8c Epaminondas on cfait , est une chose digne d’admiration > combien est-il plus admi-rable , quand on a tout un Roiaume en fa puissance 8c qu’on est ]í "bre d’en user à son gré, de ne rien souhaiter de ce qu’on y trouve.En cas que le fait que je viens de rapporter paroisse incroiable ,