ET DE VICES.
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je prie le lecteur d’observer ici & par tout où je dirai des Romainsquelque chose d’extraordinaire, que je sçai à n’en pouvoir douter que lesRomains attirez par la curiosité de voir les plus illustres événetnens deleur Histoire, ne manqueront pas de lire mon Ouvrage, qu’ils fontparfaitement instruits des-faits que je raconte Sc qui les regardent, &que je n’aurois ni pardon ni grâce à attendre d’eux, si j’avois l’impru-dence de débiter des choses fausses fur leur compte. Or personne nes’expofe volontiers au péril de n'être pas cru Sc d'être méprisé.
Mais puisque la suite des faits nous a conduits au tems, où nousdevons parler de cette illustre famille, il faut que je m’aquitte de lapromesse que j'ai faite dans mon premier Livre, que je dirois dansl’occasion pourquoi Sc comment Scipion s’étoit fait à Rome une réputa-tion au dessus de son âge, Sc comment fa liaison avec moi s’étoit ac-crue à un point, que non seulement la renommée s’en étoit répanduedans l’Italie Sc dans la Gréce, mais encore chez les nations les pluséloignées.
J'ai déja dit que notre commerce avoit commencé par les entretiensque nous avions ensemble fur les livres qu’il me prêtoit. Cette unionavoit déja fait quelque progrès, lorfqu’au tems où les Grecs évoquezà Rome dévoient être dispersez dans différentes villes, les deux fils dePaul Emile, Fabius & Publius Scipion, demandèrent avec instanceau Préteur que je demeurasse auprès d’eux. Pendant que j’y étois, uneavanture- assez singulière servit beaucoup à serrer les liens de notre ami-tié. Un jour que Fabius alloit vers le Barreau & que nous nous prome-nions Scipion Sc moi d’un autre côté, ce jeune Romain, d’une ma-niéré douce Sc tendre 8c rougissent tant soit peu, íè plaignit de ce quemangeant avec lui Sc son frère, j’adreísois toujours la parole à FabiusSc jamais à lui. „ Je sens bien, me dit-il, que cette indifférence vient„ de la penfée où vous êtes, comme tous nos citoiens, que je fuis un„ jeune homme in appliqué &qui n’ai rien du goût qui régne aujourd’huij, dans Rome, parce qu’on ne voit pas que je m’attache aux exerci-» ces du Barreau, Sc que je m’applique aux talens de la parole. Mais„ comment le ferois-je ? On me dit perpétuellement que ce n’est point» un Orateur que l’on attend de la maison des Scipions, mais un Gé-» n éral d’armée. Je vous avoue que votre indifférence pour moi me» touche Sc m’affìige sensiblement. Surpris d’un discours que je n’at-tendois pas d’un jeune homme de dix-huit ans : „ Au nom des Dieux,« lui dis-je, Scipion, ne dites pas, ne pensez pas que si j’adreíse or~” dinairement la parole à votre frère, ce soit faute d’estime pour vous.>» C'est uniquement parce qu’il est votre aîné, que depuis le commen-» cernent des conversations jusqu’à la fin je ne fais attention qu’à lui,» Sc parce que je sçai que vous pensez de même l’un Sc l’autre. Au" s este je ne puis trop admirer que vous reconnoissiez que la non-
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