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laissé, quoique selon les loix Romaines elles n’y euísent aucun droit.Quand dans les cérémonies publiques on vit ses sœurs suivies ducortège Sc parées de tous les bijoux d’Emilie , les applaudiísemensse renouvelèrent, on éleva jusqu’aux nues cette nouvelle preuve queScipion donnoit de fa grandeur d’ame Sc de fa tendre amitié pourfa famille. Telles furent les libéralisez dont Scipion dès fa premièrejeunesse, acheta la réputation de cœur généreux Sc désintéressé. Quoi-qu’elles lui aient coûté au moins soixante talens de son propre fond,on peut dire que ses largeíîès tiroient un nouveau prix de l’àge oùil les faisait, Sc encore plus des circonstances du tems > où il lesplaçoit, 8c des maniérés gracieuses Sc obligeantes dont il fçavoit lesassaisonner.
Pour la réputation de tempérance Sc de modération, tant s’en fautqu’elle lui ait rien coûté à aquérir, qu’il y a beaucoup gagné. Caren renonçant à certains plaisirs, il s’est fait une santé forte qu’il aconservée pendant toute sa vie, Sc qui par des plaisirs honnêtes &solides a amplement compense ceux dont il s’étoit abstenu.
II ne lui restoit plus à fe signaler que par la force Sc le courage,qualitez qu’on estime par dessus toutes les autres dans presque toutgouvernement, mais surtout à Rome. II ne s’agisîoit que de s’yexercer beaucoup. La fortune lui en fournit une belle occasion. Lagrande passion aes Rois de Macédoine, étoit la chaste, Sc ils avoientcoutume d’aísembler dans de grands parcs des bêtes pour cet exer-cice. Pendant tout le tems de la guerre ces parcs étoient gardezavec foin, Sc Perfée n’y chassoit pas, occupé d’ailleurs pendant qua-tre ans à quelque chose de bien plus nécessaire. Ainsi íes bêtes s’yétoient multipliées fans nombre. Quand la guerre eut été terminée,Paul Emile persuadé qu’il ne pouvoit procurer à ses enfans un plusutile Sc plus noble divertissement que la chaste, donna à Scipion lesofficiers qui fervoient Perfée à cet usage 8c pleine liberté de chaísertant qu’il lui plairoit. Le jeune Romain fe regardant presque com-me Roi ne s’occupa de rien autre chose pendant touc le tems queles légions restèrent dans la Macédoine après la bataille. II profitad’autant plus de la liberté qui lui avoir été donnée, qu’il étoit dansla vigueur de l’âge Sc porté naturellement à cet exercice. Semblablea un lévrier généreux , son ardeur pour la chaise étoit infatigable.Pse retour à Rome il trouva dans moi une passion pour la chaisequi ne fit qu’augmenter la sienne: de forte que tandis que les au-tres jeunes Romains passoient le tems à plaider, à saluer des Juges,a fréquenter le Barreau, Sc qu’ils tâchoienc de fe rendre recomman-dâmes par ces fortes d’endroits * Scipion occupé de la chaise Sc y
j a nt toujours quelque exploit brillant Sc mémorable, aquéroit unegioire supérieure de beaucoup à la leur. Celle que donne le Barreau
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