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Tome VI.
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464 EXEMPLES DE VERTUS

ne vient guéres fans faire tort à quelque citoien. Les procès ne se dé-cident pas autrement. La gloire qu’ambitionnoit Scipion ne nuifoit àpersonne. II difputoit le premier rang non par des discours, mais pardes actions. II est vrai aussi qu’en peu de tems il surpassa en réputationtous les Romains de son âge. Personne avant lui ne fut plus estimé,quoique pour l’êtré, il eût pris une route toute différente de celle quichez les Romains étoit la plus ordinaire.

Au reste fi je me fuis un peu étendu fur les premières années de Sci-pion , je l’ai fait, premièrement parce que j’ai cru que ce détail seroítagréable aux gens avancez en âge & utile à la jeunesse ; Sc en secondlieu, parce qu’aiant à raconter de lui des choses qui pourront paraîtreincroiables , il étoit bon que je disposasse mes lecteurs à les croire-Peut-être que fans cette précaution, ignorant les raisons de certainsfaits qui lui font propres, ils en feraient honneur à la fortune & auhazard , à qui cependant l’on ne peut en attribuer qu’un très-petícnombre. Mais finistòns enfin cette digression Sc reprenons le filnotre histoire.

L X X I V.

Charope.

A Près la mort de Lycifque, se feu de la guerre civile s'éteignirdans l’Etolie, Sc la province jouit d’une tranquillité parfaite. L aBéotie commença aussi de respirer après celle de Mnafippe de Coroné»Sc celle de Chrématas fut aussi três-avantageuse à l’Acarnanie. La Gré'ce sc trouva comme purifiée par la mort de ces hommes pestilentiels-Le bonheur voulut aussi que l’Epirote Charope mourut cette annéemême à Brundufe-, mais la cruauté Sc les injustices que ce traître avoitexercées après la défaite de Perfée, firent que sa mort ne mit pas fi"aux troubles qu’il avoit excitez dans l’Epire après la guerre contre Per-fée. Car après que Lucius Anicius eut condamné â être conduits aRome tout ce qu’il y avoit de plus illustres Grecs soupçonnez mêmelégèrement d’avoir panché pour Perfée, cetEpirote, aiant plein pou-voir de faire tout ce qui lui plaifoit, s’emporta à tous ses excès ima-ginables, agissimt tantôt par lui-même, tantôt par 1e ministère de sesamis. Quoiqu’il fût jeune encore Sc environné de scélérats, qui net-toient assemblez autour de lui que pour s’enrichir des dépouilles d’amtrui, on croioit cependant fa conduite fondée fur quelque raisonsautorifëe par ses Romains: Sc ce qui 1e faisoit croire, c’est 1e nombred’amis qu’il s’étoit faits autrefois à Rome Sc la liaison qu’il avoit avec