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Tome VI.
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ET DE VICES.

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ie vieillard Myrton, son fils Nicanor, 8c plusieurs autres hommes gra-ves , amis des Romains Sc qui jusque-là irréprochables s’étoient prê-tez je ne sçai comment à ses injustices. Appuie de ces suffrages, aprèsavoir fait mourir beaucoup de personnes, les uns en plein marché, lesautres dans leurs maisons , quelques-uns dans la campagne Sc fur lesgrands chemins, Sc avoir pris leurs biens , il s’avisa d’un autre strata-gème. II proscrivit tous les exilez tant hommes que femmes qui étoientriches, Sc la terreur ainsi répandue, il tira des hommes Sc fit tirer desfemmes par Philotides fa mere tout l'argent qu’il put. Car cette Phi-lotides, du côté de la douceur Sc de la compassion, n’avoit rien despersonnes de son sexe. Ces malheureux n’en furent pas quittes pourla perte de leur argent : on ne laissa pas malgré cela que de les dénon-cer au peuple, Sc de leur faire le procès» Sc l’on trouva des Juges quipar foiblesse ou par surprise les condamnèrent non au bannissement,mais à la mort, comme coupables de n’avoir point été pour les Ro-mains. Ils avoient tous pris la fuite, pour se sauver, lorsque Charopebien fourni d’argent 8c accompagné de Myrton partit pour se rendreà Rome Sc y faire ratifier par le Sénat ses injustes procédez. Mais lesRomains donnèrent alors une belle preuve de leur équité Sc un specta-cle bien agréable à tous les Grecs qui étoient alors à Rome, Sc surtoutà ceux d’entre eux qui avoient été évoquez dans la ville. Car MarcusAèmilius Lépidus grand Prêtre Sc Prince du Sénat 8c Paul Emile, levainqueur de Perlée, homme puissant 8c d’un grand crédit, informezde ce que Charope avoit fait dans l’Epire, lui défendirent de mettrele pied dans leurs maisons. Cette défense devenue bientôt publique fitun extrême plaisir à tout ce qu’il y avoit alors de Grecs dans Rome.Ils furent charmez de voir la haine que les Romains témoignoientpour les méchans. Quelque tems après Charope entra dans le Sé-nat, mais ni l’on ne lui donna place parmi les personnes distinguées,ni l’on ne lui rendit de réponse. On dit simplement qu’on donneroitdes ordres aux Députez qu’on envoieroit fur les lieux. Malgré une ré-ception si disgracieuse, Charope, au sortir du Sénat, ne laissa pas que

d’écrire dans son païs que les Romains ^voient approuvé tout ce qu’iî

avoit fait.

L X X V.

Euméne.

C E Prince avoit le corps foible 8c délicat, l’ame grande Sc pleinedes plus nobles sentimens. II ne cédoit en rien aux Rois de son

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tems,