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EXEMPLES DE VERTUS
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Afdrubal, Général des Carthaginois.
I L y avoit dans ce Chef des Carthaginois aussi peu dé ces qualitezqui forment un bon Général, qu’il fe flattoit & qu’il se vantoitd’en avoir beaucoup. Voici entre plusieurs autres un bel exemple deía vanité. Quand il vint au rendez-vous qu’il avoit assigné à GuluíîaRoi de Numidie, il y parut couvert d’un manteau de pourpre 8c suivide douze gardes bien armez. A vingt pas du terme, il laiíïà ses gar-des, 8c du bord du folle qui étoit devant lui, il fit ligne au Roi dele venir joindre, signe qu’il devoit plutôt attendre que donner. Aucontraire Guluíîa vint fans escorte, vêtu simplement 8c fans armes.Quand il fut près d’Afdrubal, il lui demanda pourquoi il s’étoit munid’une cuirasse 6c qui il craignoit? Je crains les Romains , reprit AÍ-drubal. S'il ejl vrai que vous les appréhendiez st fort , repartit Gu-luíïa , pourquoi fans nécessité vous enfermiez-vous dans une villeassiégée ? Mais enfin que souhaitez-vous de moi ? Je vous prie , ditAfdrubal, d'être notre intercesseur auprès du Général Romain. Qfitlépargne Carthage & qu'il la laisse subsister. Sur tout le reste il noustrouvera soumis. Guluíîa se moqua de cette commission. Quoi?dit-il au Gouverneur de Carthage, dans P état où vous êtes , envelop -pé de toutes parts , n'aiant presque plus de ressource ni d'espérances yvous n'avez point d'autre propofìtion à faire que celle qu'on a re-jettée à Utique , avant le fiége? Les affaires , reprit Afdrubal, nefont pas fi désespérées que vous pensez. Nos Alliez arment nudehors pour nous , (il ne sçavoit pas encore ce qui s’étoit paíïe dansla Mauritanie, ) nos troupes font encore en état de défense, &• noU Savons les Dieux pour nous. Ils font trop justes pour nous abandon*ner. Ils sçavent l'injustice qu'on nous fait , ils nous donneront fi smoiens de nous en venger. Faites donc entendre au Consul que l eSDieux tiennent en main la foudre , ér que la fortune a ses revers.Enfin , pour tout dire en un mot , nous sommes résolus de ne survivrepoint à Carthage , & nous périrons tous plutôt que de nous rendre .Ici finit l’entrevûe, on se fépara 6c l’on promit de revenir au mêmerendez-vous trois jours après.
Revenu au camp, Guluíîa rendit compte à Scipion de l’entretien-Le Consul en riant : Cet homme rìa-t-il pas bonne grâce , dit-il, âpresavoir cruellement massacré nos captifs , de compter fur la protester*des Dieux : la belle maniéré de fe les rendre propices , que de violer