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Tome premier.
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XCVII
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DE LA COLONNE. xcvij

înaìgré la prévention où l’on est ridiculement contre son rétabJistèment ; mais cette pré-vention cesse bien-tôt par l’éxamen de cette maniéré de combattre : on est alors con-vaincu qu’elle est nécessaire dans l’infanterie, & que lesefpontons& les hallebardes nesuffisent pas pour fraiser entièrement un corps contre les eftorts & le chocd’une cavale-rie vigoureuse. On a honte, après tout ce que nous avons dit, & si souvent répété,d’avoir été si longtem's dans Terreur ; on revient au sentiment d un de nos Maîtres,qui dit que la pique eft la seine des armes , & le soutien de toutes les autres. II fautplusieurs fortes d'armes dans Pinfanterie, afin qui en quelque situation où l on Jettouve ,l'on ait toujours des modem pour attaquer & pour fe défendre. C étoit la maxime desRomains, celle-ci n’a qu’une face: je la tiens excellente. Les Experts dans 1 infante-rie , s’étonnent avec raison qu’on en ait détruit Tissage ; il est bien plus surprenant qu onu’y soit pas revenu, par Texpériencede notre dernière guerre de 1701 , íkparce qu onauroit dû reconnoître de foible dans la maniéré de combattre de nos voisins, & de cequ’il y a de fort & de redoutable dans la nation Françoise: j ai aísez-souvent répétéce que je dis ici; mais peut-on assez le retracer dans les esprits?

Je tiens donc la pique absolument néceíîàire dans Tinfanterie ; mais comme du temsqu’elle étoit en usage il y en avoir trop d’un quart, & môme d’un tiers, un cinquièmesemble suffisant dans un bataillon : dans les corps qui composent ma Colonne, on mê-lera les piquiers alternativement avec lesfuseliers au premier rang de chaque section,& fur les deux premières files des ailes; c cst-à-dire, que 1011 mettra un piquur enticdeux fuseliers.

Je trouve pourtant un changement considérable a faire dans cette arme ; ou pourmieux dire, il faut la changer presque en tout, dans son fer comme dans fa longueur.A proprement parler c’est une pertuiíànne, & quelque chose au-delà que je proposede onze pieds en tous sens. Le fer de deux pieds de long fur cinq pouces dans la plusgrande largeur à Tendroit A. Le bois couvert de quatre petites bandes de fer pourrésister contre les coups de taille d’un acier excellent, le fer fortifié jusqu a la pointeE d’une arête rélevée d’environ une ligne & demi: ce fer doit etre d un acier excel-lent & acéré. Cette arme me semble mille.fois plus forte ,& plus avantageuse pourrésister à un grand effort, & au choc de la cavalerie; outre qu’elle n’est pas moinsredoutable par la pointe que par le tranchant, elle se manie plus aisément & avec plusd’adresse & de dextérité : il n’est pas aisé d’en gagner le fort. La vûe de cette arme(dont les blessures font terribles) donne de la terreur, un seul coup suffit pour mettrele cavalier & le cheval hors de combat. On ne regarde pas fixement un corps detroupes fraisé de ces sortes d’armes, jointes aux hallebardes, aux efpontons, & auxbaionettes au bout du fusil, particulièrement contre une nation comme la Françoise,dont Tardeur & l’abord est des plus redoutable. Je pourrois meme faire voir quela hallebarde est très-défectueuse dans son fer comme dans fa longueur; c’est ce queje démontre dans un Traité analytique des armes blanches.

Polybe attribue le défaut de k phalange & la cause de la défaite de ce corps àplusieurs raisons, dont il oublie la principale. Une de ces raisons est l’ordonnanceRomaine, divisée par corps qui entroient les uns dans les autres. Les Généraux Ro-mains sçurent l’attirer dans des lieux difficiles & raboteux, où ne pouvant conservercette union, si nécessaire dans un corps de piquiers, & dans une arme uniforme, lesRomains profitoient des vuides qu’elle laissoit, à cause de l’inégalitc du terrain..

Je veux que cela ait contribué en partie à la défaite de la phalange ; mais ce n’étoicpas là son plus grand défaut, c’est, comme je l’ai dit ailleurs, la trop grande longueurde leurs Sarijfes , ou de leurs piques. L'Auteur n’a pas remarqué qu’il n’y avoit gué-ms , que les piques du premier & du second rang dont on pût se servir dans la défense

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