xcviij TRAITE*
& dans l’attaque, & que celles des autres rangs reliaient comme immobiles & finieffet; elles se trouvoient toutes ramassées en faisíeau entre l’intervalle de chaque file,sans qù’il fût presque possible aux piquiers du troisième rang, (car le reste ne fervoicque d’appui) & mème du fécond de voir ce qui se paísoit hors du premier rang; nide remuer leurs longues piques, qui se trouvoient comme enchâssées & emboîtées entre'lés files, fans pouvoir porter leurs coups à droit ou à gauche: ce qui donnoit unegrande facilité aux Romains de surmonter un obstacle redoutable en apparence, & agfond très-méprisable. En effet c’eít le Brutum fulmen qu’un corps de semblables pí-quiers. (a) II ne s’agissoit pour le rompre & le dissoudre,. que de gagner le fort despiques des deux premiers rangs,, le resté étoit peu de chose: car dès que les soldatsRomains s’approchoient couverts de leurs grands boucliers, & armés de leurs épéescourtes &: tranchantes,, plus avantageuses que les longues,, non seulement contre destroupes qui combattent couvertes d’armes défensives, mais encore contre un corps depiquiers, leStòngues piques ne faifoient plus que les embarrasièr.. Un peu de bonsens suffit pour reconnaître le désavantage des armes longues,.... qui ne font mêléesavec d’autres plus courtes, indépendamment du feu; il y a une infinité d’èxemplesqui démontrent cette grande vérité, & qui font voir qu’il faut des piques r ou despertuiíànnes d’une longueur proportionnée dans f infanterie : il n’enffaut pas à la vé-rité un grand nombre, mais il en faut néceílàírement.
Je ne vois pas qu’il soit fort extraordinaire qu’un bataillon rompe un corps de pi-quiers l’épce à la main. L’éxemple de Carmignole,. Général de Viiconti Duc de Mi-sa) Le Père Daniel prétendque le nom de PI- plus que Iës anciens Gaulois contre les Romains»-que n’eít pas fort ancien dans nos Histoires, & Ces Gaulois, qui prirent depuis le nom de Fran-qu’il ne voit pas qu’on s’en servît avant le régne çois, fans changer d’humeur & d’indination, nede Louis XI. quoique cette arme soit fort ancien- changèrent pas pour cela par l’experiencede leurs«e, & la mère comme la reine de toutes.. Les défaites, qui vinrent toutes du défaut de leurs ar-anciens Gaulois, ni même ceux de la mpienne mes. La bataille de Cassiiin qu’ils donnèrent con--antiquité, ne se sont jamais servis non feule- tr&Narsez , Général de Justinien, & qu’ils perdi-rent de cette arme;mais dss autres d’unegran- rent, ne les rendit pas plus sages ni.plus avisés,deur raisonnable, comme du Pilum des Romains. A la bataille de Courtrai contre les FIamans, quiIls n'avoient qu’un petit javelot qu’ils iançoient fut une journée des plus furieuses éc des plus opi-pour mettre ensuite l’épée à la main; & cette niâtrées, ceux-ci dûrent leur victoire à leursépée, dont Polybe sé moque avec raison, étoit. piquiers, & les François quin’en.avoientpoint-encore plus méprisable que le javelot. Le même furent battus.
Auteur dit que cette arme ressuscitée chez les La NouE, célébré Officier d’infanterie, & quiSuisses, passa en France & chez les autres na- a excellemment écrit de la guerre, s’éiéve contrerions; à ce que je vois on commença à raison- ceux qui rejettent i'usage de la pique; il la prô-ner bien tard :après cela peuc-on disconvenir que pose comme une arme excellente. Le Père Daniel]ès Suisses font infiniment plus sages que nous, cite cet Auteur dans son Livre de la Milice Fran-& que nous n*en approcherons jamais ? décision çoife, & nous citons ce Jésuite avec plaisir parque je ne tire pas de la pique, qui est Parme qui l’estime que nous faisons de son Livre. On avoirnaltdu sens commun. Quoiqu’il en soit, on con» peine à trouver des soldats encetems-là qui vou-nut, non plutôt, l’excellence-de cette arme;., lussent être piquiers;ctd’autant, dit la Noue,on s’avisa de s’en servir à l’éxemple de ces sages les soldats ne veulent plus porter de. corcelets, (c’é*Républicains, & de ces.hommes véritablement toit l’armûredéfensivedupiquier, ) cetordreaìdt'libres,qui terrassèrent le Duc de Bourgogne dans- roit à les mettre en usage U eti honneur , ce qui n’efiune grande bataille avec cette arme, dont.ee grand pas jì makaifé que l'on pense ; mais U ferait bon deCapitaine manquoit. II les eût défaits ,, s’il eût commencer par les Capitaines y -qui ont lespremitt*pensé & combattu comme Carmignole contre la rejette l'ufage dì de la pique. Ceux-là n’étoient p aámême nation, ou comme le Maréchal deBrissac.. lesplus 'habiles du teins de la Noue, je lerecon-Quand nous sommes défaits & battus par ledésa» nois par leur sentiment. On peut juger tout devantage de nos armes contre d’autres plus avan» même de ceux d’aujourd’hui, qui l’embrassen 1tageuses.il faut changer ct prendre les bonnes, fans éxamen & fans réflexion,nì fans trop sÇ a 'C’est ce que les Grecs ne íireat jamais,, non voir pourquoi.