k I v R E I c H A P. I. 7
avoir un p£U augmenté leurs forces, déclarèrent ensuite la guerre àleurs voisins. Vainqueurs de tous les Latins, ou par leur courage, ou parleur bonheur, ils portèrent la guerre chez les Tyrrheniens, de-là dansles Gaules & ensuite chez les Samnites, qui à l'Orient & au Septen-trion confinent au païs des Latins. Quelque tems âpres, oc un anavant que les Gaulois fissent irruption dans la Orées (a ), tussent dé-faits à Delphes & se jettaffent dans T Asie, lesTarentins craignant que
L’Historien Rómaîn est démenti par deux au-tres dignes de foi, Justin & Suetone ; celui-ci ditque Drusus emporta de la Gaule, où il commandaitqualité de Propréteur , tout l'or qui avoit étédonné autrefois aux Gaulois , qui assiégeaient le Ca-pitale, & que cet orne leur fut point arraché parCamille , comme la renommée le publie. Cela estformel ; cependant cette autorité ne paroit passflezgraveà Mr. Dacierpour tenir tête à celle deTite-Live. Si ce passage n’est point d’un poidstrébuchant, Justin le fera pancher tout à fait. LesAmbassadeurs Romains ayant traité les Etoliensavecbeaucoup de hauteur, ceux-ci quin’étoientPas autrement endurants, fe mocquerent de leursrodomontades. Ne vous avisez pas de nous mena-C!r > leur dirent-ils, est ce qu’il y a quelqu'un furla terri qui puisse ignorer que vous n'avez pû con-server votre ville de l’insulte des Gaulois? Les enav ez-vous chassés les armes à la main, lorsqu ilse ’ 1 furent les maîtres ? Ce ne f ut que par votre orque vous la rachetâtes.
Je m’étonne, que parmi un fi grand nombreoe Savans anciens, & modernes, personne n’aitremarqué le ridicule répandu dans le récit quefait Tite-Live de cette affaire de Camille. Je neVois rien de plus mal inventé. Camille marcheau secours du Capitule , & entre dans Rome, dontles Gaulois senties maîtres. II campe dans l’en-ceinte de ses murs, comme dans une vaste cam-pagne ,• fans aucune opposition de la part d’unegrande armée qui y loge. II laisse là son armée,monte au Capitole, lui en personne, au traversdes ennemis. II arrive dans le tems qu’on pesoitl’or. Ils’oppofeà la capitulation, la romp t com-me étant faite fans ses ordres, fait remporter cetor. Brennus Général des Gaulois se plaint & s'em-porte contre Camille: ils en viennent aux paro-les. Les deux Chefs se retirent, & le Romaintranquillement quoiqu’au milieu, & à la discré-tion de ses ennemis. Ils en viennent aux armes.H se donne un grand combat dans Rome même,où deux grandes armées se trouvent au large,orennus, qui craint l’événement d’un second en-gagement se retire à la faveur des ténèbres. LeGénéral Romain, averti de fa retraite précipitée,c °mme s’il en étoït à cent lieues, se met à sestrousses. II le joint & donne la bataille de Ga-bles. Tite-Live qui se défie de fa capacité dansle récit de l’ordre & des circonstances d’une ba-
taille qu’il imagine, soute par dessus, comme ila fait pour le premier combat, de peur de donnerdans quelque travers, sons penser que tout cequ’ii nous a dàj a débité est absurde & digne d’ê-tra moequé. II nous apprend une des plus gran-des victoires que les Romains aient jamais rem-portée, & nous laisse là sons la moindre circon-stance; cependant la défaite des Gaulois est figrande, st entiers & si prodigieuse, qu’il ne sesauve d’un massacre si effroiable pas même unGaulois pour en porter fa nouvelle aux autres. Envérité c’esl trop présumer de son éloquence, quede la croire capable de nous persuader de pareilscontes.
(a) Avant que les Gaulois fissent irruption dansla Grèce, fussent défaits à Delphes. ] Cette inva-sion des Gaulois est célébré dans l’Histoire. Eliefe fit l’an de Rome 474. Brennus à ia tête d’unearmée composée de Tectofages, de Troëmes ôcde Tolistoboges , tous Gaulois , & qui montoit à150000. hommes d’infanterie & 2040c. chevaux »partit de la Pannonie pour aller ravager la Grè-ce. Chemin faisant il se soumet l’Ionie & 111 -Iyrie, défait Sosthene Roi de Macédoine quivouioit l’arrêter, & contraint les Macédoniens dese retirer dans les places fortes & de lui abandon-ner la campagne. Il prend ensuite la route deDelphes, dans le dessein d’en enlever tous les tré-sors. II ne se faisoit aucun scrupule d’y porter !amain, quoiqu’ils fussent consacrés à Apollon. Lesrichesses, disoit-il en plaisantant, nejont que pournous autres pauvres mortels , les Dieux n'en ont quefaire, accommodons nous de ce dont ils nefauroientfaire aucun usage. Ils ne demandent que nos vœuxU nos prières, & nullement notre or (f notre ar-gent, U les Prêtres du Temple notre argent plutôtque nos vœux fc? nos prières. Après cette dévoteharangue, il marche vers les Thermopyles : maisles Grecs y a voient posté ua corps de troupes de23000. hommes de pied & de 3000. chevaux,commandes par Callipus Général des Athéniens ;& pour arrêter les Gaulois au passage du Sperchio,ils avoient détaché mille soldats armés à la légèreavec la plus grande partie de leur cavalerie, pouraller rompre Jes ponts que les Gaulois avoientconstruits fur cette riviere & fe camper en facede Brennus. Mais ce rusé Capitaine trouva d’a-bord moyen de se tirerd’affaire- Dixmillehom-mes par son ordre côtoient la ilviere jufqu’à un