8 HISTOIRE DE POLYBE,
les Romains ne tirassent vengeance de lin fuite qu’ils avoient faite àleurs Ambassadeurs, appellérent Pyrrhus ( a ) à leur secours. Les Ro-mains s’étant soumis les Tyrrhéniens & les Samnites, & aiant gagnéplusieurs victoires fur les Gaulois répandus dans Pltalie, ils pensèrentalors à la conquête du reste de ce païs, qu’ils ne regardoient plus com-me étranger, mais comme leur appartenant en propre, au moins pourla plus grande partie. Exercés & aguerris par les combats qu’ils a-voient soutenus contre les Samnites & les Gaulois, ils entreprirent Pyr-rhus,
endroit oìi elle s’élargit & forme une efpece de saisissant, ils fe battent Gaulois contre Gaulois-1 ac, la passent partie à gué, partie fur leurs bou- fans fe reconnoitre & font mordre la poussière àcliers, & vont au détachement qui épouvanté fe ioooo. hommes. Dix mille autres périrent deretire au camp des Thermopyles. Brennusavan- faim & de misère. Les Etoliens qui fe mirentce de ce côté-là, les Grecs viennent à fa rencon- à leurs trousses en tuèrent six mille. BrennuStre, la bataille fe donne, & Brennus battu ne criblé de blessures se fait apporter du vin.s’en*trouve de salut que dans une prompte retraite, ivre & meurt. Acichorius mis en fa place re-Sept jors après il tente le passage dumontOeta passe le Sperchio, & arrivé dans la Dardanieprir un sentier étroit qu! aboutissait taux ruines de il y est fi maltraité, qu’à peine resta-t-il d’uneTrichines ; conduifoit à un Temple de Minerve armée si nombreuse un seul Gaulois, pour por-qu’il se promettpitde piller : mais la garnison de ter à ses compatriotes la triste nouvelle de leursce poste fe défendit st bien qu’elle fit échouer malheurs. Ainsi fe termina la fameuse expédi-l’entreprise. Le Gaulois ne fe rebute pas , il ten- tion dont parle ici notre Auteur. Ce récit estte une diversion. 11 détache 40000. fantassins & fort différent de ce qui fe lit fur cette matière800 chevaux avec ordre d’aller ravager l’Etolie. dans les Historiens modernes. J’en ai l’obliga-Cet ordre -s'execute aveçbarbarie. Les Etoliens tion aux P P. Bénédictins qui impriment unequi étoient aux Thermopyles volent au secours nouvelle Histoire du Languedoc, oû l’on trou-de leur patrie, & défont en effet au moins ia vera ce fait appuié & revêtu de toutes ses cir-,moitié du détachement. Pendam ce .tems-là constances.
Brennus, après avoir donné ordre à Acichorius (a) Appellérent Pyrrhus à leur secours.] Céd’attiquer de front les Grecs, quand après son peuple fe brouilla trés-imprudemment & très-passage il les attaqueroi.t en queue, passe dans la mal à propos avec les Romains ;ii viola le droitGrèce interieure par.un sentier que lui montrent des gens à l’égard de leurs Ambassadeurs paru»les peuples ALnians, & aussitôt fond fur ies Grecs, traitement injurieux & si sale, dit Florus, qu’ilqui assaillis devant 6: derrière s'Lmbarquent furies «'est pas même .'honnête à rapporter. Les Ro-v fisse aux des Athéniens au port de Lamiac, & mains ne manquèrent pas d’en tirer raison :maislaissent libre aux Gaulois le passage des Thermo- les Tarentins s’apperçûrent bientôt que la partispyles. Delà Brennus marche à Delphes avec n’étoit pas égale. Us aimèrent mieux appeller<55000. hommes d infanterie. íl falloit brusquer un Prince étranger à leur secours que de faireP attaque-: mais d-aps leqonfeil de guerre quelques la paix, & le tout à l'instigation d’une troupeOfficiers trop mous furent d’avis que l’on devoit de misérables Démagogues qui vouloient gou-donner aux troupes le loisir de fe refaire, & niai yerner ct qui mirent tout en combustion. Ou’ar'heureusement cet avis prévalut, de forte que ies riva-t-il de tout ce manège? Après une guerreDelsiens c-urent tout le tems de fe fortifier & de de deux ou trois années, après un nombreramasser du secours. Les Gaulois fe disposent à de batailles & de combats très-apres & très-opi'J’attaque de la ville: mais la garnison composée niátres., dom le vainqueur fe trouvoit aussi malde 4000. ^hommes descend de la montagne au de- que le vaincu; Pyrrhus fe dégoûta de cette guet'vant de Fcnnemi. On en vient aux mains, & les re selon fa coutume : il crut la Sicile plus aiséeGaulois auroient npparemment eu Iedessus, h le à conquérir, il y passa & laissa lâ lesTarentinsCiel ne s’étoit mis du côté des Delsiens, Unora- en attendant que l’envie lui reprit d’y reveni £ge terrible, au rapport de Pausanias, accompa- & de se conserver l’entrée de l’Italie. Par-là -t® 5gné de foudres&d’éclairs, détacha du Parnasse de Tarentins se virent obligés ds subir !e joug d egros rochers, qui roulant furies Gaulois jettérent Rome un peu plutôt qu’ils n’eussent dûs’/dans l’armée tant de désordre & de confusion, attendre: c’est le fort des petits Etats qui veu*qu’ils furent contraints d’abandonnerle champ de lgnt fe mesurer avec de plus puissants qu’eu*^bataille. La nuit suivante une nouvelle secousse ils deviennent tôt ou tard la proie du vic £ °'du Parnasse achçva de les déconcerter. Us se re- rieux > ou de celui des deux dont ils onttirent ,& dans la marche une terreur panique les ré l’affistance.