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ïes\& aì'ant tué ceux qui les gardoient, les autres qui les avohent suivis défendirent lepassage, pour empêcher qu on ne vint a eux : b posant des échelles du haut dela murail-le contre les tours, firent monter des gens pour leurservir de renfort, & empêcher P appro-che tant dé en haut que dé en bas à coups de traits. Pendant ce tems-là on eut le loisir deplanter plusieurs échelles, & dé abattre leparapet, pour faire monter le refle plus aisément.A mesure qu'tls mont oient ,ils redescendaient de P autre côté ,& serangeoientsur le bord.du fossé,- qui étoit en dehors ,pour tirer contre ceux qui fie présentaient. Après qu'ils fu-rent passés, ceux qui étoient dans les tours descendirent les derniers coururent au fos-sé, pour paffer comme les autres ; mais là-dejfus arriva la troupe des trois cens avec desflambeaux : toutefois, corâme on les voioit mieux à la clarté des flambeaux qu'ou n'enétoit vû,on tiroìt contre eux plus jufte ; de forte que les derniers passèrent- le fossé fansêtre attaqués au passage: mais ce ne fut qu'avec peine,parce qu'il étoit gelé, & que laglace ne portoìt pas à cause du dégel & de la pluie ; fl bien que le mauvais tems nuisitautant aupassage qu'U contribitoit au succès de P entreprise. Lorsqu'ik furent touspafés,Us prirent le chemin de Thebes,pour couvrir mieux leur retraite, par ce qu'il n p avoìtpas déapparence qu'ils se dussent sauver vers une ville ennemie ;ausfl virent-ils les ajjìé-geans avec des flambeaux qui les cherchoìent fur le chemin dé Athènes.
Cette retraite des Platéens me semble d’autant plus digne d’admiratîon, que cettegarnison ne se retire qu’après avoir fait tout ce qu’on peut attendre des plus braveshommes du monde, & de {'intelligence la plus consommée dans la défense des pla-ces; car h qui est-ce que les aisiégeans ont affaires A une poignée dc gens, & ce-pendant cette poignée de gens les réduit à {'absurde. Us ne savent où se prendre, nique devenir. Pour se sauver de- la honte qui suit toujours une entreprise manquée,ils tournent leur íìége en blocus par deux lignes environnantes d’im travail immense,contre un relie d’aíîiégés qui font au plus cinq cens hommes, qui se suivent en par-tie à travers mille obstacles, & se mocquent de leurs ennemis. Voilà ce qu’on nefauroit trop admirer dans un Gouverneur. Ces sortes d’éxemples font d’unc très-grande rareté dans lTIistoire, il faut qu’on l’avoue. Memnon nous en fournit pour-tant un presque semblable dans ses circonstances à celui de Platée. On fait quel hom-me c’étoit que ce Memnon. C’étoit un Grec très-célébre, & Général des armées desPerses, un des plus grands Capitaines que la Grécé ait jamais produit. On en pen-sera tout ce qu’on voudra : mais si l’on jette un peu les yeux fur la conduite de cegrand homme, on conviendra tout comme moi ; qu’Aléxandre le grand n’eût pas été 'fort loin dans ses conquêtes., s’il eût eu plus longtems un tel antagoniste en tête. IImourut peu de tems après le siège d’Haìicarnaíìe, qu’il défendit, & qui lui fut siglorieux. Ce Général après une défense très-longue & très-opiniâtrée, se trouvant ré-duit k {'extrémité, par les travaux que les affiégeans avoient poussés jusques dans laville, il ne crut pas qu’il fût digne de son courage dc capituler. II propose à Gron-dât & aux Officiers principaux de íà garnison d’abandonner la place, & de mettre lefeu à l’Arsenal & aux maisons les plus proches de la muraille; on le fit, & en peu detems le feu fe répandit de tous côtés. Après avoir jetté un nombre suffisant dè trou-pes dans la citadelle, Memnon fe retira à la faveur de la nuit dans l’isle de Cos,em-portant tout ce qu’il y avoit de plus précieux dans la ville. Puiíque nòus sommésfur ces sortes de retraites, n’oublions pas celle de Pompée.
Ce Capitaine s’etoit enfermé dans Brunduze avec vingt-cinq cohortes. Voilà biendu monde. N’auioit-on pas dit qu’il vouloir s’y ensevelir plutôt que de lâcher à sonennemi une place si importante ? II ne fut pas longtems sens reconnoître son impru-dence, & que la mer dont il se voioit le maître ne lui scrviroit de rien contre un tel-homme que César. Celui-ci, qu’il sembloit beaucoup mépriser, & qui lui apprit à
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