Band 
Tome premier.
Seite
67
JPEG-Download
 

L I V R E I. C H A P. I v. 6?

h Sicile, sont lever le siège de devant Egeste, qui étoit déja ré-duite aux dernières extrémités, & prennent d’emblée la ville dcMacella.

Après la bataille navale, Amilcar Chef de farinée de terre des Car- p e tit Ex-thaginois, aiant appris à Palerme, où il campoit, que dans Tannée p 1 ^ &ennemie les Romains & leurs alliés n’étoient pas d’accord, que Ton y^AmiLdisputait qui des uns ou des autres auroient le premier rang dans les car.combats, & que les alliés campoient séparément entre Parope & Ter-mine , il tomba sur eux avec toute son armée pendant qu’ils levoient lecamp, & en tua près de trois mille. II prit ensuite la route de Car-thage avec le reste des vaisseaux quiavoient échapé au dernier combat,

& de là il passa fur d’autres en Sardaigne, avec quelques Capitainesde galère des plus expérimentés. Peu de tems après aiant été envelopépar les Romains dans je ne sai quel port de Sardaigne, (car à peineles Romains eurent-ils commencé à íë mettre en mer, qifils pensèrentà envahir cette iíle ; ) & y aiant perdu quantité de vaisseaux, il futpris par ceux de ses gens qui s’étoient sauvés, & puni d’une morthonteuse.

Dans la Sicile les Romains ne firent la campagne suivante rien de siège demémorable. Mais A. Atilius Regulus & C. Sulpicius, Consuls, s”*é- quelquestant venus mettre à leur tête, ils allèrent à Palerme, où les Carthagi- Vl es 'nois étoient en quartier d’hiver. Etant près de la ville, ils rangent leurarmée en bataille ; mais les ennemis ne se présentant pas, ils marchentvers Ippana, & la prennent du premier assaut. La ville de Muttistrate,fortifiée par fa propre situation, soutint un long siège, mais elle futenfin emportée. Celle des Camariniens , qui peu auparavant avoitmanqué de fidélité aux Romains, fut auíìì priíe après un siège en For-me, & ses murailles renversées. Ils s’emparérent encore d’íinna & deplusieurs autres petites villes des Carthaginois. Ensuite ils entreprirent(saisi éger celle des Lipariens.

toutés les fois qu’il fouperoit en ville chez sesamis. 11 y avoit dequoi entretenir tous les joueursde flûtes de Rome, fans doute qu’il s’en munitabondamment. II ne faut pas douter que sesdescendans ne s’en munissent aussi, & qu’ils nesoupassent très-souvent en ville sans fe faire beau-coup prier, pour ne pas perdre un privilège sihonorable & ii glorieux dans la famille. II y abien des Auteurs qui prétendent qu'il s’arrogeacette efpéce de triomphe nocturne. Je renvoiese lecteur au Dictionaire de Bayle, qui a épuisé

cette matière. II n’y a rien de plus beau dansles Princes, & de plus capable d’engendrer l’é-mulation & la reconnoissance, que de continuerles grâces & les honneurs aux descendans deceux qui leur ont rendu des services signalés.Les descendans de Themistocle, dit Plutarque,six cens ans après la mort de ce grand homme,conservoient encore à Magnésié certains hon-neurs que le Roi de Perse Artaxerxès lui avoitaccordés.