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à ses campagnes : on ne peut guéres s’en empêcher quand on a vû les armées. Quoi-qu’il en soit,en parlant de ce croc suspendu & branlant, il ne se sert pas du terme decorbeau. Végéce l'appelle Loup, & Isidore Lupwn harpagonem : apparemment parcsqu’il servoit à pincer & h accrocher : comme Vitruve appelle Louve une espèce de te-naille ou de ciseaux crochus en dedans &à ses extrémités, avec lesquels on iâilîíîbit lesgrosiès pierres, qu’on élevoit & qu’on transportoit par le moien dune grue. L’uíàgede cette machine n’est pas perdu, & nous la connoiííòns à présent sous ce nom. LesPêcheurs appellent Louve une maniéré de filet suspendu au bout d’une longue perche,,dont ils se servent à prendre des poislons. La machine dont parle Tacite dans la guerrede Civilis, étoit un véritable corbeau, puiíqu’il a plu aux anciens de le nommerainsi. L’endroit de son Histoire où il en fait mention, est remarquable. Les Romainsfurent attaqués d’insulte dans leur camp par Farinée de ce rebelle : ils se servirent de tousles artifices, que les Anciens ont inventés, pour la défense des villes les plus fortes &les mieux fournies. Ctnnme Padrefe Pi P expérience étoit du côté des Romains , ditl’Autcur, ils oppofoient de nouvelles inventions 'à celles des ennemis , Pi avoient fait unsmachine suspendue <2? branlante , qui fe baissant les alloit prendre dehors ,puis fe tour-nant tout à coup les jettoit fur le rempart. Bien des gens s’imagìneront que ces sortesde machines étoient fort mystérieuses. Ce n’étoit rien moins que cela, comme onle peut voir dans la figure, que l’on comprend aísez fans qu’il soit besoin d’explication.Vitruve le pense ainsi que moi ; mais puisqu’il n’en donnoit pas la figure comme jefais, deux lignes cuisent été d’un grand effet. Pour ce qui eft des guindages ,cómmePerrault les appelle fort bien ,je nai pas,òk cet Auteur,gagé qu'il fup nécessaire cPen.écrire ^parce que tout cela effort aisé, Pi fe fait ordinairement par les soldats mômes.S’il avoit su que son Livre eût poussé si loin dans la postérité, il m’eût épargné lapeine de cette recherche. Pour revenir au paflàge de Tacite; je trouve un peu étran-ge qu’il ait pû traiter, de nouvelles inventions , une machine auíîì commune & aufliconnue que celle dont il fait mention; apparemment qu’il ne se souvint pas alorsqu’Archiméde Femploia au siège de Syracuse. Polybe ne le dit-il pas, Lc tous les au-tres après lui"? Car après avoir parlé du désordre & des pertes que les Romains ép vou-voient par les grandes machines d’Archimédc , il dit enfui te -.fans pas lei - des pertes quecaufoient les accrocs de fer qui enlevoient les hommes armés sc.s fracaffoient & br isolentcontre terre , ou les précipitaient dans la mer.
§- v.
Corbeau à tenaille dont on fe fervoitpour accrocher Pi attirer ìe bélier. Corbeau dou-ble pour en baisser la tête Pi en rompre le coup. Corbeau des Tyriens.
C E que Végéce appelle un loup ne l’étoit certainement pas, mais un véritablecorbeau: je l’avance ici de nia pure autorité, c’étoit une espèce de ciseauxdentelés & recourbés en maniéré de tenaille ou de deux faucilîes'oppbsées l’une à l’autrc.ln modumforfìcis , dit-il, quern lupimi vocant. II lui donnera tel nom qu’il lui plai-ra, mais c’est un guindage qui saisit qui enlève. Tout au moins eût-il dû y ajou-rer une épithéte qui pût le différencier du loup démolisseur. Pourquoi ne pas1 appeller loup à tenaille, puisqu’il ne fut inventé que pour saisir, pincer, détourner& enlever le bélier en haut par la tête. Lipse prétend, après Tite-Livc, qu’on dé-rournoit & qu’on enlevoit le bélier à force de bras, après savoir pincé avec la machine.Cçla ne se faisoit pas ainsi, mais par le moien du corbeau dont j’ai donné la figure.
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